YG – ‘Still Brazy’

Album / Def Jam / 17.06.2016
Hip hop

Loin des bulletins remplis de bonnes notes de Kendrick Lamar et des BO de Dr.Dre, YG a (re)construit en deux albums tout un pan du hip hop West Coast, convoquant autour de sa personne le fantôme de Nate Dogg, les doigts de fée de DJ Quik, et le verbe d’Ice Cube. Autant de figures tutélaires qui entourent le rappeur de Compton, mais qui ne le poussent jamais dans l’admiration transie, ou dans un jeu de références complaisant.

Entouré de tous les jeunes loups de la Californie (Schoolboy Q, Kendrick Lamar, Jay Rock), il entamait d’abord son aventure de jeune gangsta en route vers la gloire au fil d’un ‘My Krazy Life’ (2014) insouciant, rempli de fêtes, de filles faciles et de soleil plombant, confectionné aux côtés de son proche collaborateur DJ Mustard, responsable des plus beaux tubes de ce premier album. Deux ans, plus tard, il élargissait considérablement son propos au profit d’autres thèmes et de productions plus minimalistes, plus profondes aussi. Exit DJ Mustard après un beef pour une sombre affaire de royalties non réglés, laissant le jeune rappeur de Compton faire appel à des producteurs moins connus mais tous aussi appliqués (Dj Swish, le collectif 1500 or Nothin) en vue d’ériger un disque captivant.

‘Still Brazy’ décrit un rappeur en pleine ascension, en proie à des accès de paranoïa bien légitime (il a reçu une balle dans la hanche pendant une session d’enregistrement), et qui semble prendre le contre coup de son succès en pleine figure. Derrière ce nouvel état d’esprit, une foule de nuances : celle qui le pousse à traquer une taupe potentiel sur ‘Who Shot Me’, à mettre en garde avec l’inquiétant ‘Don’t Come To LA’, à questionner les hordes de jaloux (‘Why You Always Hatin ?’), le tout avec la même capacité à construire des tubes entêtants (‘Twist My Fingaz’, ‘She Wish She Was’).

En concluant ‘Still Brazy’ par un trio de morceaux à la portée politique, ciblant Donald Trump et la police de LA, YG achève sa mue, et passe d’une traite à l’échelle supérieure. Celle d’une étape naturelle au cours de laquelle le rappeur de Compton délivre un des tous meilleurs albums de l’année, passant ainsi de l’espoir à la confirmation.

‘Don’t Come To LA’, ‘Who Shot Me’, ‘Twist My Fingaz’, ‘She Wish She Was’, ‘Still Brazy’, ‘Police Get Away Wit Murder’

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