Various Artists – « Porn Groove »

Porn Groove[Album]
01/04/2007
(Sober & Gentle/Discograph)

Si les films pornographiques actuels sont aujourd’hui caricaturés par les adultes (ayant passés l’âge de l’onanisme) pour ses musiques totalement pauvres et ringardes, le mariage des deux arts s’est montré par le passé beaucoup plus excitant. « Porn Groove » n’est pas seulement le titre de cette compilation sortie par le label Sober&Gentle (Cocoon, Hey Hey My My…), c’est aussi l’appellation officielle donnée à ces musiques accompagnant les images interdites aux mineurs depuis les années 70, aux meilleures heures de cette belle complémentarité

À cette époque, les bandes sons des films étaient torrides, chaleureuses et harmonieuses, au point qu’elles se retrouvaient régulièrement dans les bacs des disquaires (« Deep Throat », « The Devil In Miss Jones »).Jusqu’en 1975, lorsque le président Giscard d’Estaing décida soudainement que ce genre d’oeuvre allait à l’encontre des moeurs et qu’elle ne serait alors diffusée que dans des lieux règlementés. Les amateurs se sont donc sentis marginalisés, le public s’est montré frileux. Les budgets des réalisateurs ont été considérablement limités, ce qui obligea ces derniers à faire appel à de nombreux compositeurs (majoritairement italiens) trop peu talentueux pour continuer dans la voie du passé qui fut notamment tracée par de grands noms tels qu’Ennio Morricone, Vladimir Cosma et même Serge Gainsbourg. Ceux-là mêmes qui se sont peu à peu détachés d’un genre qu’on opposait aux valeurs, sûrement pour le bien de leurs images respectives

Ce sont toutes ces oeuvres-là, soudainement ressurgies du passé grâce à de curieux mélomanes, qui se voient ici compilées. Et plutôt que de plonger les mains dans les bacs poussiéreux des antiquaires de disquaires, Sober&Gentle fait le travail pour vous, aligne une douzaine de titres très rares, totalement ignorés jusque-là, puisés dans de véritables films pornographiques de l’époque, dans quelques téléfilms érotiques ayant eu le bon goût de soigner leur bande son, dans des comédies polissonnes et même dans des documentaires déstinés à l’éducation sexuelle des jeunes Allemands. Et le tout sonne merveilleusement funky (« Dirty » de Tom Zacharias), léger, groovy (« We Don’t Care » de The Vampire Sound Inc), pop à guitare (« Love, Love, Love » de Gerhard Heinz), jazz déviant. Chaque titre est extrêmement bien léché (je n’ai pas pu m’empêcher…) qu’il soit intégralement instrumental ou accompagné d’un chant suggestif mais toujours bourré de classe (« Deeper And Deeper » de T.J. Stone »)

La classe justement, c’est le sentiment qui prédomine tout au long du parcours de ce « Porn Groove » et de ses douze invitations au déhanchement en tout genre. Car, devant la grande qualité de son tracklisting, ce disque finit par vous laisser le choix de l’option, celle de remettre les musiques dans leur contexte, d’accentuer le désir en invitant les yeux voire même simplement l’imaginaire, ou simplement le fait de l’apprécier à sa juste valeur musicale. Mais en tous les cas, de s’en délecter longuement. Incontestablement, ces chercheurs d’extase auront grandement contribué à la belle période des années 70

Tracklisting1. Orchestra Frank Valdor : Black market2. The Vampire Sound Inc : We don’t care3. T.J Stone : Deeper and Deeper4. Bernard Pretty Purdie : Lialeh5. Doris troy : Kill them all

6. Gerhard Heinz : Love, love, love7. Gert Wilden & Orchestra : Title theme8. Armando Tovaioli : Dove vai tutta nuda9. Tom Zacharias : Belinda10. Peter Thomas : Modern sex11. Bernard Pretty Purdie : All pink on the inside12. Isabel Bond : Let’s find out

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