Two Fingers – « Two Fingers »

two180Album
(Big Dada)
13/04/2009

Abstract, indé, alternatif, avant gardiste, il a toujours été difficile de résumer en un seul qualificatif l’union riche et toujours prometteuse du hip hop et de la musique électronique. Désormais, plus de masturbation de l’esprit, puisqu’on trouve la définition la plus proche de cette jouissive cohabitation musicale chez Two Fingers, collaboration de haute facture entre le génie Amon Tobin et Doubleclick, deux artistes unis comme les deux doigts de la main, qui s’étaient déjà partagés quelques crédits sur le «Verbal Clicks & Collaborations» sorti par le Brésilien en 2003. Totalement excitante sur le papier, cette rencontre réitère sans surprise à l’écoute de ce premier album, sur lequel le savoir faire défricheur et pointilleux de Tobin se marie merveilleusement aux discrets élans drum n’bass de son fin compère Joe Chapman. A tel point que Two Fingers aurait amplement pu se contenter de n’être qu’un projet instrumental si les deux hommes n’avaient pas absolument voulu marcher sur les plates bandes du hip hop, ici représenté par le Mc Anglais Sway qui pose son flow intense et linéaire sur sept titres, Ms Jade (protégée de Missy Elliott), et Ce’Cile, figure dancehall emblématique qui vient varier les plaisirs. Du coup, l’album affiche une efficacité redoutable («Keman Rhythm»), fourmille de détails («Straw Men», «High Life»), dans les productions surtout ou les deux maîtres d’œuvre n’ont lésiné sur rien, poussant même parfois jusqu’à la performance sans jamais mettre en péril la bonne digestion de l’album: un bon point couru d’avance pour qui est familier du registre d’Amon Tobin («What You Know», «Not Perfect»). Mais, Two Fingers se différenciant toujours d’une manière ou d’une autre des précédents projets de chacun, il faudra aussi ne pas être réfractaire à la musique urbaine offerte par les trois intervenants venus élargir le spectre, du hip hop pointu («Two Fingers») à la R&B futuriste («Better Get That», «Bad Girl», «Doing My Job»). Futuriste, le mot est lâché: en douze titres, le duo coupe l’herbe sous le pied des futurs opportunistes, et clôt le chapitre «musique urbaine» des dix prochaines années. On appelle ça une référence, il me semble…

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