Tumi & The Volume – « s/t 95 »

s/t[Album]
01/10/2007
(Sakifo/Pias)

Sakifo est le nom d’un festival réunionnais, à la programmation originale et cosmopolite, qui célébrera sa cinquième édition l’an prochain. L’équipe organisatrice prolonge aujourd’hui son travail de découverte en créant un label dont la première sortie est réservée à leurs chouchous sud-africains Tumi And The Volume, déjà à l’affiche du festival en 2006 et 2007

La scène hip hop du continent africain est injustement méconnue, alors que de Bamako à Dakar, en passant par Abidjan et Conakry, des dizaines de collectifs produisent une musique souvent moins formatée que ce que nous entendons en Europe ou aux Etats-Unis. Sortis des faubourgs de Johannesburg, Tumi And The Volume pourraient bien changer la donne, et pas seulement parce qu’ils ont décidé de rapper en anglais, en s’attirant la sympathie des amateurs de hip hop joué live, façon The Roots ou Iswhat?!

Le flow de Tumi a la grâce naturelle du Mos Def de la grande époque, et les grooves dessinés par The Volume s’inspirent du meilleur de la soul, du jazz, du funk ou du dub, tout en conservant une africanité contagieuse. De ce point de vue-là, on pensera nécessairement aux collaborations entre Ty et Tony Allen ou entre Wale Oyejide et Jay Dee. Des comparaisons certes flatteuses mais amplement méritées à l’écoute de ce disque éponyme qui, malgré une production parfois flottante, ne laisse aucun doute sur les qualités intrinsèques du quatuor

N’allez surtout pas croire que Tumi & The Volume ne sont que des succédanés de groupes déjà existants. Si on peut leur trouver des frères d’intention, le combo a bel et bien sa propre patte et des morceaux comme « Floor », « Signs », « The Story Behind The Pain » ou « Basement » deviendront vite des incontournables de votre platine. Eclectique mais cohérent, le groupe n’a pas peur de transgresser les règles de la bienséance, comme le prouve par exemple cette reprise finale, librement inspirée du « Light My Fire » de The Doors et rebaptisée « These Women ». Cette volonté d’aller ainsi se frotter au folk, au blues et au rock sur certains titres rappelle les tout débuts de The Fugees et laisse plutôt rêveur sur l’avenir de ce groupe

Issu de la spoken poetry, la démarche littéraire de Tumi est plus proche de celles d’un Saul Williams ou Napoleon Maddox (Iswhat?!) que des egotrippés notoires du hip hop. Ses textes sont fortement ancrés dans la réalité de son pays qui a la lourde tâche de se réinventer après des années d’Apartheid. C’est sans doute ce qui explique ce ton général plus posé et réfléchi que ce qu’auraient pu nous laisser prévoir leurs prestations scéniques échevelées. Quoi qu’il soit, ce premier opus officiel (un live était auparavant sorti au pays) risque d’être la page liminaire d’une très longue histoire commune. On attend déjà la suite avec impatience..

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