The Ting Tings – « We Started Nothing »

We Started Nothing[Album]
16/06/2008
(Columbia/Sony BMG)

On a beau être habitué à cette parade incessante des next big things musicales, on se laisse encore volontiers piéger par certaines, souvent les plus convaincantes, malgré une méfiance débordante. À ce sujet, The Ting Tings font débat, et cela pour deux raisons: le groupe s’inscrit parmi ceux révélés par le net et sur lesquels la chance comme le hasard ont décidé de s’arrêter, alors que Katie White et Jules De Martino avaient comme seule ambition de divertir leurs potes après une expérience peu encourageante en major (au sein de Dear Eskimo). Mais aussi parce que leur pop 2.0 s’inscrit totalement (trop?) dans son époque, preuve en est la dernière publicité Apple qui s’en sert d’illustration sonore et, à l’instar du « New Soul » de Yael Naïm, lui promet déjà un joli succès

Pourtant, « We Started Nothing » ne tient pas seulement à ce « Shut Up And Let Me Go » aussi frais que funky, justifiant à lui seul l’intérêt que lui portent la blogosphère et l’industrie du disque depuis ses premiers tintements en 2007. Car les multiples influences du duo, plutôt mainstream et peu avouables pour elle, indie rock pour lui, accouchent de titres très convaincants, accessibles, finement opportunistes, variés sans égratigner la cohérence du tout, simples mais jamais simplistes malgré un line up restreint. Même Calvin Harris, au flair assez aiguisé quand il s’agit de rapprochements fructueux, ne s’y est pas trompé en remixant « Great Dj », titre d’ouverture de cet opus, propulsant ainsi The Ting Tings dans assez de baladeurs numériques pour en faire un buzz. À ces déjà deux premières raisons de jeter une oreille attentive sur ce disque, ajoutez le single « That’s Not My Name » qui aura eu le mérite de dégommer des charts une paire de stars internationales, d’autres tubes à l’avenir assuré (« We Walk », le très britannique « Be The One »), et quelques invitations à sautiller gaiement (les pointes electro de « Fruit Machine », « Impacilla Carpisung » et « Keep Your Head »). Tous illustrent avec insolence cette facilité qu’ont ces deux Anglais à draguer nos écoutilles, y compris sur la surprenante ballade « Traffic Light »

The Ting Tings sont jeunes, transpirent la bonne humeur, ne se prennent pas au sérieux (le titre de l’album en atteste), balancent une pop d’une naïveté adolescente et revigorante que leur envieront de nombreux artistes electro ou hip hop courant souvent en vain après une telle efficacité dans leurs récurrentes velléités tubesques. Ne tardez pourtant pas: la date de péremption de ce « We Started Nothing », sur lequel les radios bavent déjà, approche à grands pas, et il se pourrait bien que l’été lui soit fatal. Pas très grave étant donné qu’il est plus que jamais un disque de saison, bien meilleur en tous les cas que ceux de ces groupes qui refroidissent entre le four et l’assiette. Et pour cause, on trouvera The Ting Tings au rayon frais plutôt qu’aux surgelés..

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