The Kills – « Midnight Boom »

Midnight Boom[Album]
10/03/2008
(Domino/Pias)

On ne saura jamais vraiment si The Kills auront bénéficié ou non de la grande médiatisation des White Stripes, lui aussi duo blues brûlant, traînant toute une génération dévouée au revival garage. Toujours est-il que ceux qui se seront contentés uniquement du couple américain seront passés à côté de deux albums somptueux: « Keep On Your Mean Side » en 2003 et « No Wow » en 2005, dévoilant au passage quelques influences Velvet Underground ou PJ Harvey rendant paradoxalement le registre très sombre de The Kills aussi attrayant que frais. Pourtant, à la différence de leurs jeunes aînés, les deux Anglais prenaient en retour de leurs offrandes de sévères critiques quant à l’impression d’une musique répétitive laissée par chacun de leurs disques. Ainsi, quand courant 2007, The Kills annoncent leur retour, accompagnés du producteur ArmaniXXXChange (Spank Rock), il y avait de quoi rester perplexe, ne sachant trop quoi attendre de ce troisième album pouvant autant s’avérer révolutionnaire, étant donné le talent visionnaire du producteur, que totalement décalé.Filons droit au but, « Midnight Boom » est sans conteste un des grands albums rock de cette année 2008, tant il réussit le difficile pari d’offrir un nouveau son à The Kills tout en conservant cette approche garage blues qui aura fait toute sa force jusque-là. Et si un tracklisting bourratif, envahi par des incursions electro ou hip hop, n’aurait finalement pas été surprenant, ce nouvel opus prend les mauvaises langues à contre-pied en jouant la carte minimaliste, accentuant de surcroit le sans faute accompli ici. Car, qu’on se le dise, aucun titre ne manque la cible, bien que chacun ne tienne finalement qu’à peu de choses et soit sublimé par de petits rien pourtant bien sentis

C’est ce qui explique aussi l’efficacité brute et foudroyante de ce « Midnight Boom », dignement illustrée par « U.R.A.Fever » et « Sour Cherry », tous deux seulement pendus à un simple riff de guitare sur le refrain. Plus tard, Spank Rock y contribue également en appuyant quelques rythmiques (« Cheap And Cheerfull », « Getting Down » pour les plus évidentes), tout comme Alison Mosshart dont les mélodies vocales, définitivement sexy et vénéneuses, partagées ici ou là avec son acolyte Jamie Hince, vous tournent autour dans une danse sulfureuse pour finir par vous croquer (« What New York Used To Be »). C’est elle qui, en grande partie, fait du totalement jouissif « Tape Song » un des morceaux les plus dangereux et réussis de la discographie du duo, titillé cependant par « Last Days Of Magic » et « M.E.X.I.C.O.C.U », plus rock et tout aussi accrocheurs, ou « Black Balloon » et « Goodnight Bad Morning », magnifiques ballades bien que légèrement plombantes

Si, comme pour la majorité de ces disques légèrement édulcorés et bourrés de tubes, on peut certainement s’interroger sur la durée d’écoute de ce « Midnight Boom », il n’en reste pas moins un coup de maître à déguster pendant qu’il est encore chaud. Ensuite, il n’est pas impossible que l’approche et le son quelque peu atypique de The Kills fasse le reste, et que ce disque parvienne à se faufiler dans la chambre exiguë des indispensables du rock. Sortez couvert..

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