The International Noise Conspiracy – « The Cross Of My Calling »

The Cross Of My Calling[Album]
17/11/2008
(Burning Heart/Pias)

C’est à grands pas que The (International) Noise Conspiracy avance à chacun de ses albums, un constat surtout vérifié depuis le dernier « Armed Love » qui prenait déjà ses distances avec le rock des débuts, dévoilant un penchant plus pop et une production beaucoup plus dense, signée Rick Rubin. Avec lui, le combo suédois passait du groupe underground à celui de nouveau fer de lance d’un registre fort en gueule, engagé, aux théories révolutionnaires, capable de faire passer des messages forts tout en enchaînant les tubes. Restait à savoir si, devant son succès croissant, le gang allait simplement lui offrir une suite ou s’affirmer encore un peu plus parmi les grandes entités rock de notre époque.

À l’écoute de « The Cross Of My Calling », la réponse ne se fait pas attendre. Jamais rassasié, The (International) Noise Conspiracy nous emmène dans des contrées prévisibles mais encore inexplorées chez lui, celles des seventies notamment, quand les guitares du rock n’avaient pas encore totalement abandonné leur notion du groove.Enregistré au Sunset Studio, autrefois occupé par The Doors, l’album l’annonce d’ailleurs par une courte intro un brin psyché, ou synthés et percussions se mêlent au reste du line up comme pour annoncer qu’on les y recroisera. Puis, la place est laissée au plus beau compromis auquel on ait eu droit depuis des lustres: une enfilade de pépites rock n’roll auxquelles l’actualité politique sert la soupe, bourrées de ces mélodies dont le genre s’est fait maître des Nomads aux Hellacopters, ici affûtées et lustrées pour faire définitivement briller le genre de mille feux

Car, aucun doute, c’est à la perfection que le combo maîtrise désormais son sujet. Démonstration du début à la fin, du refrain de « Assassination Of Myself » qui déboulonne l’identité mâle, à celui de « Hiroshima Mon Amour », clin d’oeil au cinéaste français Alain Resnais, en passant par « Arm Yourself » et « Dustbins Of History », nouveaux appels aux armes dévoilant aussi bien une certaine originalité dans le chant qu’une plus grande musicalité via de jolis soli. Mais ce disque ne se résume heureusement pas à cela, d’autres titres moins directs se révélant tout aussi essentiels au bon déroulement du programme. C’est le cas quand une pointe de mélancolie soul fait surface sur le sublime « Boredom Of Safety » appuyé par les choeurs de Lisa Kekaula (The Bellrays); quand les fantômes des Doors prennent possession du synthé (« Child Of God », l’épique et final « The Cross Of My Calling », hommage délibéré à la bande de Morrisson); ou quand le groove des seventies (et plus précisément celui des Rolling Stones) trouve magnifiquement sa place sur « Satan Made The Deal » et le bluesy « I Am The Dynamite » aux breaks totalement jouissifs

Si sa passion et son combat restent inchangés, The (International) Noise Conspiracy soigne désormais la forme. Ainsi, la morale, la religion, les politiques et Bush en tête, les compromis, la surconsommation, le capitalisme, tout ce qui vient relayer sournoisement au second plan l’hyper réalité du monde dans lequel on vit, si bien décrite ici, en prennent pour leur grade. Mais dorénavant plus avec un sourire de compassion et une main chaleureuse sur l’épaule, qu’avec une bonne gifle dans la figure. C’est toujours ainsi que les critiques piquent le plus au vif. Encore plus quand elles tombent dans les moments politiques les plus mouvementés de l’histoire post moderne, au sein du meilleur disque rock n’roll de la même année

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