The Good The Bad & The Queen – « s/t 84 »

s/t[Album]
22/01/2007
(Parlophone/Emi)

Le statut de superstar de Gorillaz ayant dépassé celui du concept, Damon Albarn a jeté l’éponge avec déjà en tête un nouveau projet qui ne manquerait pas de faire parler de lui. Ses marionnettes en 3D ont bien vécu, lui n’avait sans doute pas envie de la jouer solo avec un backing band banal. Désormais habitué au luxe, il a préféré s’allier à quelques grands noms de la musique pour monter The Good The Bad & The Queen, déjà en chantier en 2004 au moment de sa visite au Nigéria. Il faut dire que le chanteur de Blur ne manque pas de goût ni d’oreille pour louer les services de Tony Allen (batteur de Fela), et Simon Tong (guitariste de The Verve). Sans compter sur l’apport crucial du producteur Dangermouse (Gorillaz, Gnarls Barkley) et de Paul Simonon, bassiste du Clash, peintre depuis, d’ailleurs auteur du visuel de ce disque. Le premier a donné à Albarn l’envie de concrétiser cette aventure naissante; le second a tout simplement provoqué un retour à la case départ, la recomposition totale de ce disque

Une seule chose n’a pas été revue: son thème principal, cet album étant ni plus ni moins un hommage à la capitale d’outre Manche, une signification de la nationalité anglaise par Albarn lui-même, et une vision toute nouvelle du quartier de Portobello, point de ralliement social et culturel de toute la population londonienne. On est donc bien loin de la thèse des nationalistes britanniques, ici constamment contredite par ce all star band, aux origines tellement variées qu’il en était imprévisible, dont seule l’Angleterre pouvait accoucher

Musicalement, et même s’il est plus humain, The Good The Bad & The Queen n’effraiera pas les plus fidèles adeptes de Gorillaz. Car il n’en est plus ou moins que la suite logique. En cela, le chant de Damon Albarn joue énormément, lui dont la voix vous caresse constamment dans le sens du poil, armé de douceur et de belles mélodies. Car ce disque est résolument pop, plutôt tranquille, axé sur le groove, les ambiances, et la beauté des harmonies plutôt que sur l’énergie. D’où les nombreuses ressemblances, surprenantes de prime abord je vous l’accorde, avec Gorillaz. En effet, si tous les musiciens de renom contribuent tous ici à leur manière, si les influences musicales sont multiples (music hall anglais, punk, afrobeat, reggae, britpop…), c’est surtout Paul Simonon qui, par ses lignes de basse de velours, amène ce côté groove emprunté au dub. Il souligne au passage l’excellente production de Dangermouse mettant en valeur le moindre détail contribuant à la grande richesse de ce disque. Pourtant, à l’écoute de « History Song » et « 80’s Life », les deux titres ouvrant ce disque, on est loin de l’enthousiasme le plus total, il faut l’avouer. Ce n’est qu’en abordant la suite que la magie de la pop opère. « Northern Wale », « Kingdom Of Doom », « Herculean », ou « Nature Spings » sont quelques-uns des morceaux vous prenant par le bras pour ne vous le lâcher qu’une fois cet album achevé

On est donc bien loin de la déception que cache souvent ce genre de réunion surréaliste. C’était sans compter sur l’immense talent de Damon Albarn, dont on est cette fois définitivement convaincu. Un concept, de la cohérence, une forte identité, presque inclassable qui plus est, tant de choses auxquelles on ne s’attendait pas forcément de la part de The Good The Bad & The Queen après l’énorme phénomène Gorillaz. Ce disque, accompagné d’un DVD en édition limitée (lives, interviews…), n’est peut-être pas celui de l’année, mais il se doit d’être écouté, car il répond haut la main au buzz qui l’entoure, et s’avère être largement à la hauteur de son casting de rêve

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