The Cool Kids – « The Bake Sale »

The Bake Sale[Album]
05/08/2008
(XL Recordings/Naive)

Alors qu’il ne se passe plus une semaine sans qu’on entende parler de tel ou tel artiste reprenant des influences eighties, les Cool Kids, eux, s’y plongent complètement. Ils puisent leur inspiration dans l’âge d’or du rap, retrouvant ainsi l’énergie et la naïveté des débuts de cette culture aujourd’hui omniprésente. Mikey Rock et Chuck Inglish, respectivement 19 et 22 ans, ne sont pas (encore) de purs produits de l’entertainment comme on a souvent l’habitude d’en voir émerger. Ils buzzent certes, mais ne perdent pas de vue leur ambition: s’éclater en faisant du bon son, tout simplement. Comme un retour aux valeurs originelles du hip hop, même si la plus grande partie de leur auditoire n’a sûrement jamais entendu parler de celles-ci

Car c’est bien au public d’aujourd’hui que s’adressent les dix tracks de « The Bake Sale », ultra dépouillés, reprenant cette recette beat/sample qui a fait ses preuves. Mais quand leurs aînés se servaient dans la soul, le jazz, et le funk, eux piochent dans le rap, et font ainsi toute la différence. Ainsi, on sent que ces deux gosses de l’Illinois ont digéré toutes les influences du passé afin de servir leur propre interprétation du hip hop. Les kits de batteries de « 88 » (petit bijou du genre), ses riffs de guitares, ramèneront certains d’entre nous loin en arrière alors qu’ils ne seront qu’un prolongement de la tendance actuelle pour d’autres. L’occasion, d’ailleurs, de se rappeler que Blueprint avait lui aussi consacré tout un album à cette année particulièrement fertile du hip hop. « Jingling » et « What Up Man » s’impriment dans la même mouvance: une simplicité étudiée, relevée par une qualité du mix irréprochable

Encore, quand sur « Black Mags » ils vantent les BMX aux jantes noires, l’esprit fun des Run-DMC semble ressuscité et, dans le même temps, on se retrouve proche de certaines productions « dirty south ». Dans ce registre « A Little Bit Cooler » semble être le titre le plus contemporain, mais avec un minimalisme qui restera leur marque de fabrique. Ne gâchons pas notre plaisir, cette bouffée d’air frais arrive à point nommé, et « Basement Party », cette fois résolument old school pour le coup, continue de brouiller les pistes, reprenant le côté purement « ego » des Mcs de cet époque. Quand ils font référence aux Beastie Boys dans « One Two », ainsi que dans de nombreuses interviews, on ne peut que reconnaître cette même volonté de s’amuser, cette spontanéité qui avait fait de « License to Ill » ou « Paul’s Boutique » des modèles du genre. Et si à ce stade vous doutez encore de la réelle créativité du duo, estimant qu’ils se contentent de copier le « glorieux passé », « Mikey Rocks » et son dépouillement total, fera taire les sceptiques ou éloignera définitivement les plus réfractaires

Bien sûr, le fait d’avoir été désigné par Rolling Stones comme un des dix groupes à suivre en 2008, l’utilisation de certains de leur titres dans des séries US ou des jeux vidéo, renforcent la rumeur qui fait d’eux les nouveaux princes du cross-over. Ils semblent faire la jonction entre plusieurs époques du rap, gardant en fil conducteur les valeurs de base de cette culture. Réussir à réunir différentes générations de b-boy était un pari osé, une mission remportée avec maestria. Les vendeurs de sneakers ont encore de beaux jours devant eux

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