The Bronx – « III »

III[Album]
11/11/2008
(Wichita/ Coopérative Music/Pias)

En deux coups, The Bronx s’est imposé comme un des plus solides représentants d’un rock sévèrement burné ne faisant aucun compromis sur l’énergie dégagée, et cela que le groupe sorte ses disques sur son propre label, comme ce fut le cas pour le premier, comme chez Island qui l’a ensuite signé pour sa deuxième salve. Car ces californiens, toujours plus persuasifs à chacune de leur nouvelle déflagration, ne sont pas enclins à recevoir leçon de quiconque. Une « caboche » qui s’étend jusqu’aux titres d’albums dont ils ne s’embarrassent jamais. C’est donc logiquement que leur troisième opus, intitulé « III », voit le jour en cette fin 2008, fidèle à cette dose d’adrénaline et à cette vive tension électrique qui font désormais la marque de fabrique de ces énervés de la Côte Ouest

C’est d’ailleurs avec le mors aux dents, les accords sévèrement plaqués, et les fûts plus que jamais martyrisés, que le heavy-gang de Los Angeles ouvre le bal, déversant avec lui une pleine bassine de riffs. Ainsi, premier bilan une fois avalée la puissance de « Knifeman », comme de « Inveigh » et son break oxygénant comme puisé chez Queens Of The Stone Age: The Bronx n’a toujours pas levé le pied, poursuit sa logique, et va une nouvelle fois gâter les accrocs de décibels. Puis il enfonce le clou sur « Past Lives », qui laisse les mélodies s’exprimer, que ce soit par son refrain accrocheur comme par ses notes de guitare perçantes qu’on entend courir en fond

Car, derrière cette fougue aveuglante mais toujours magnifiquement digeste, il faut constamment tendre l’oreille pour attraper au vol les quelques détails illustrant toute l’attention portée à ces compositions baignées d’une production compacte. C’est d’ailleurs là qu’il faudra venir chercher le petit plus de ce disque, le quintet ressassant toujours la recette de ses débuts, celle qui privilégie ici ou là sa force de frappe (« Enemy Mind », « Ship High In Transit », « Digital Leash »), un sérieux penchant heavy (« Pleasure Seekers », « Minutes In High »), ou quelques sursauts mélodiques (« Six Days a Week »). Quand il ne les rassemble pas tous pour de véritables brûlots punk/hardcore marqués au fer rouge (les excellents « Young Blood », « Spanish Handshake »)..

Les doigts sillonnés par les cordes, les poumons à sec, les cordes vocales à vif, The Bronx livre donc d’un bloc son troisième album, véritable leçon du genre, détonation plus importante encore du fait d’un line up légèrement agrandi. Voici donc là l’indispensable de cette fin d’année pour ceux qui regrettent amèrement que le nouvel album d’AC/DC ne soit pas plus surprenant. Car si, comme eux, The Bronx ne prend finalement pas beaucoup de risques, il aura au moins le mérite de jeter l’éponge avant de se noyer dans la redite pathétique, et de perdre cette spontanéité qui le place aujourd’hui sur un piédestal bien mérité

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