Son Of Dave – « 03 »

03[Album]
07/04/2008
(Kartel/Discograph)

Sans pourtant qu’ils n’osent s’en vanter, ils auront été quelques uns à enfin se mettre au blues, ce genre musical d’un autre temps pour beaucoup, et remis au goût du jour par quelques artistes inspirés dont Son Of Dave, génialissime homme d’orchestre. Il faut dire que « 02« , son précédent opus sorti en 2006, détenait plus d’un atout pour réussir cette mission que de nombreux autres avaient échoué avant lui. Et pour couronner un savoir faire bien personnel, le bonhomme remet le couvert avec « 03 » (logique pour un quatrième opus), un nouvel album qui, bien que toujours affublé de ce son authentique car sans fioriture, marque une certaine évolution en élargissant la palette des instruments utilisés. Cette fois, pour le bien de ce disque comme pour éviter la redite, piano, guitare, orgue, violoncelle et choeurs viennent s’ajouter aux boite à rythme, harmonica, et battements de pied, qui n’étaient jusqu’à présent que les seules composites de l’oeuvre de ce résident anglais

Ce qui ne veut pas dire pour autant que Son Of Dave s’est embourgeoisé, s’est habitué au confort des grands studios hyper équipés… Non, c’est toujours bien entouré de quelques équipiers de beuverie, accoudé au zinc, là ou on refait le monde, qu’on s’adonne à quelques blagues bien grasses, qu’on s’empoignent, et qu’on prend la défense du plus faible, que notre homme se sent le plus à l’aise. « 03 » est une affaire d’homme, un de ces disques qui étalent plus volontiers leur groove que leur débauche d’énergie pour afficher leur virilités. Un registre dans lequel Son Of Dave excelle particulièrement, notamment quand il offre au « Low Rider » de War une version émaillée sans lui ôter son côté fédérateur et dansant, ou qu’on l’imagine prendre autant de plaisir seul que devant son public en s’abandonnant aux excellents « Old Times Were Good Times », « Nike Town » et surtout « Lover Not a Fighter » au refrain qui ne manquera pas de rentrer dans les annales. Ca ne fait aucun doute, bien calé entre le rock incandescent de The Kills ou The Black Keys, et le jazz./funk aseptisé de Jamie Lidell, Son Of Dave fait plutôt bonne figure

Pourtant, et même si « Hellhound » et « Squat That Rabbit » empêchent de tomber dans une somnolence que Son Of Dave n’aurait de toute façon pas mérité, il règne comme une ambiance de fin de soirée en cette fin d’album, comme si Benjamin Darvill (de son vrai nom) avait lâché ses meilleures cartouches dans un tout premier temps. Ce qui ne fait pas pour autant de « 03 », plutôt mal équilibré qu’inégal, un nouveau disque dispensable. Ne serait ce que pour les excellents titres qu’il contient, qui raviront ceux hésitant encore entre Tom Waits, Marvin Gaye ou Bob Dylan, et qui ne manqueront pas d’enivrer petits et grands sans modération. Une dernière

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