Santogold – « Santogold »

Santogold[Album]
13/05/2008
(Lizard King/Naive)

Ne cherchez plus la nouvelle coqueluche musicale. Le nom Santogold résonne depuis de si longs mois, notamment sur la toile, qu’on aurait presque l’impression d’être passé à côté du phénomène, que l’album en question sur lequel tout le monde semble se mettre d’accord est sorti depuis maintenant belle lurette. Sauf que non, « Santogold », premier album de la demoiselle en provenance du décidemment très en vue Brooklyn, s’apprête seulement à frapper à la porte de tous les disquaires, précédé d’un buzz qui ne manquera pas de lui servir. D’autant plus que, chose plutôt rare, celui-ci s’avère mérité, du moins après quelques écoutes, quand ce timbre de voix quelque peu irritant au prime abord devient familier

Il faut dire que l’Américaine aligne quelques atouts qui lui assuraient de ne pas manquer sa cible. En effet, Santi White, féline chanteuse et productrice, a collaboré avec Lily Allen, s’est fait connaître via son précédent groupe Stiffed ainsi que sur le dernier opus de Mark Ronson (la reprise de The Jam pour les plus curieux…): trois expériences qui l’auront certainement aidées à s’entourer de producteurs aussi variés que talentueux, qui influeront nettement sur ce premier album solo annoncé comme un évènement planétaire. Ainsi, si « Santogold » couvre avec beaucoup de cohérence une telle palette d’influences, c’est que Chuck Treece (Bad Brains), Cliffored Pusey (Steel Pulse), Diplo, Freq Nasty, M.I.A, Radioclit, ou Naeem Juan et XXXchange (Spank Rock) ont tous compris dans quel sens la demoiselle voulait aller, comme ils ont pris conscience de la richesse de ses multiples facettes

Bien que tous différents, les tubes sont légion tout au long de ce premier album éponyme. Parmi eux, quelques-uns squattent les blogs musicaux, comme les pubs télé et les bande son de jeux vidéo depuis longtemps: « Creator » lorgne sans complexe ni gêne, et avec succès, sur le répertoire de M.I.A, tandis que « L.E.S. Artistes » dévoile son penchant plus pop hérité des années 80, que « I’m a Lady » drague TV On The Radio, et que « Lights Out » lance un regard fougueux aux Pixies. Et les rapprochements ne s’arrêteront pas là: « You’ll Find a Way » (excellemment remixé par Switch et Sinden en fin d’album), ou plus modérément « Say Aha », font par exemple penser à du bon No Doubt, comparaison qu’on préfèrera à celle de son pauvre clône français qui ne passe déjà plus les portes, et qu’on oublie définitivement sous les effluves reggae du très bon « Shove It »

Le rock et le RnB, habituellement aux antipodes, trouveront là une icône qu’ils pourront enfin partager, tant Santi White réussit la difficile et quasi impossible mission de surpasser les attentes engendrées par le buzz. Une performance qu’elle doit notamment à son statut de vétéran de la musique, à des influences impeccablement digérées, à un charisme incontestable qui lui permet de tirer originalité et profit, avec beaucoup d’assurance, d’un mash up très personnel ou punk, electro, dub, pop, drum n’bass, ska, et electronica forment un bouquet de printemps qui saura très certainement se déguster en toutes saisons. Un futur classique, pas moins

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