Sand – « The Dalston Shroud »

The Dalston Shroud[Album]
20/11/2006
(Soul Jazz/Discograph)

En 2003, Sand sortait un peu de nulle part avec, sous le bras, la grosse claque qu’était ce « Still Born Alive ». Déjà, à l’époque, peu d’informations traînaient au sujet de ce groupe anglais atypique, pour qui la seule publicité n’était que son disque. Point barre. Depuis, trois ans se sont écoulés, les critiques n’ont pas été avares à leur égard, et Sand sort aujourd’hui, encore dans l’anonymat le plus total, une troisième salve sonore intitulée « The Dalston Shroud », aussi destructrice que la précédente.

Car le quatuor n’a pas changé d’orientation, s’influence toujours très discrètement du cinéma russe qu’il affectionne et qui l’inspire particulièrement, mais aussi de toute la scène Art Punk new yorkaise dont sont issus les Sonic Youth, The Swans, et Liquid Liquid. Cette fois, Sand se permet donc « seulement » de pousser un peu plus son registre, ce sillon qu’il a lui-même creusé le temps de trois albums, de différents side projects, et de bandes originales de films. Seule nouveauté, la présence de voix amenées par quelques invités comme Maja Solveig Kjelstrup Ratkje, chanteuse/artiste expérimentale norvégienne (le long, glauque et envoûtant « Lal K »), ou Louie Austen, chanteur autrichien de cabaret (l’indus « Doctor Crop »). Ceux-là n’élèvent pourtant pas assez leurs morceaux pour effacer ou mettre en retrait tout le talent de Sand, mais apportent juste une touche d’humanité non négligeable au sein d’un « The Dalston Shroud » plongeant le mélomane dans les sous-sols de l’enfer

Ici, la lumière ne passe pas, l’atmosphère est humide et électrique, on nage dans un monde sans pitié où faire sa place n’a pas de prix. « Kendoki », sans aucune retenue, affiche dés l’entame de ce disque une intensité, une pression même, qui ne s’estompera qu’à sa dernière note prononcée. Entre temps, des titres comme « The Dalston Shroud », « Light Bender », ou « Bearded Angel » feront dérouler leurs énormes basses claquantes et saturées sur une rythmique imperturbable, y ajouteront quelques envolées de cuivres lointaines et oppressantes, et s’accorderont parfois jusqu’à dix minutes pour faire monter la sauce à coups de bidouilles électroniques, d’arrangements bruitistes à faire péter un sonotone (« Intersex », « Stick Eyed Bug Man »), ou de fréquences difficilement supportables pour tout homme normalement constitué (« Arson »)

Au choix, et même si c’est encore trop réducteur, Sand est le plus dub des groupes de rock indus, ou le plus rock des groupes de dub indus. Mais toujours il rend fou, et ne sonne comme aucun autre. Normal, citez moi un groupe de rock ayant atteint de telles profondeurs..

En écoute

1. Summer Lightning Pt2     
(extrait)
2. Stick Eyed Bug Man     
(extrait)
3. Bearded Angel     
(extrait)

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