Pylone – ‘Things That Are Better Left Unspoken’

Pylone – ‘Things That Are Better Left Unspoken’

Album / Gabu – Katatak – Nothing To The Table – Bruisson / 30.04.2013
Noise rock inspiré

Deux ans d’existence et, à la clé, un premier album d’une rare maturité… A moins d’un miracle qui arrive une fois par décennie en France, il était évident que ce Pylone flambant neuf avait déjà laissé courir ses fils ailleurs par le passé. Bâti autour de la section rythmique de Headwax sur laquelle se sont greffés le guitariste des feu-Messieurs de Fursac ainsi qu’un chanteur inspiré, le groupe a depuis longtemps emmagasiné assez d’expérience pour qu’elle rejaillisse intelligemment tout au long de ce ‘Things That Are Better Left Unspoken’, une des plus belles surprises du cru 2013 hexagonal. Ses points forts? De l’originalité tout en allant puiser dans des influences noise rock familières (on pense à Jesus Lizard sur ‘SuperNova’, à Shellac sur ‘Clear Black’), un chant aussi adéquat qu’il est irréprochable (y compris quand il risque un français – textes de Charles Bukowski – nous faisant habituellement tourner les talons), une retenue constante n’égratignant jamais l’intensité nécessaire à ses compositions et soulignant au passage une humilité plaisante. Parce que les toulousains ne sont pas de ceux qui en mettent illico plein la gueule. Plutôt adeptes de l’itinéraire bis, ils préfèrent vous amadouer lentement, travailler en profondeur, jouer simple pour que chaque instrument puisse s’offrir quelques libertés, et ainsi accentuer titre par titre la solidité de ce premier album. A base de silences, de grands espaces, de dissonances, de mélancolie bienveillante héritée (pour certains) d’un passé post rock, comme de  répétitions poussant parfois jusqu’au minimalisme, c’est presque malgré lui que Pylone s’illumine, et se dresse tel un phare, pour montrer la voie à d’autres, perdus en eaux troubles.

‘SuperNova’, ‘White Dress’, ‘Tumbledown’, ‘Clear Black’, ‘Le Combattant’