Notwist – « The Devil, You + Me »

The Devil, You + Me[Album]
12/05/2008
(City Slang/Pias)

Six ans sont passés depuis que The Notwist a accouché de « Neon Golden« , un véritable chef d’oeuvre electro pop vers lequel on retourne encore très régulièrement, bien que ce genre de mariage musical se soit souvent révélé éphémère. Six ans: beaucoup trop, pour qui connaît un peu le parcours des Allemands, pour parier sur une nouvelle salve prévisible, une suite logique de la dernière trace discographique en date. D’autant plus quand on sait, qu’entre temps, ces trois génies se sont, entre autres, laissés séduire par le travail quelque peu marginal de la clique Anticon au sein de 13&God. L’annonce de ce tant attendu « The Devil, You + Me » laissait donc échapper avec elle de nombreuses interrogations, cependant plus dictées par une excitation débordante qu’un scepticisme bien mal venu

The Notwist semble finalement ne pas avoir eu l’intention de brouiller les pistes, mais plutôt de poursuivre un chemin bien tracé depuis « Shrink », comme si le temps qui passe, les modes et les courants musicaux successifs ne pouvaient en rien influer sur le combo, aussi impénétrable que les troncs centenaires de sa forêt bavaroise. Les Allemands reprennent donc les choses là ou ils les ont laissées en 2002, sans avoir à faire de gros efforts pour conserver leur place parmi l’élite indie-electro. Quant à nous, on retrouve comme nos automatismes, ce terrain devenu familier qu’il est impossible de ne plus vouloir fouler

En effet, difficile de refuser une nouvelle louche de pop à guitare saupoudrée de fines programmations électroniques, ou l’inverse, comme ces trois teutons en ont le secret. « Good Lies », premier extrait divulgué sur le net, ou « Where In This World », premier single marqué par la collaboration du Andromeda Mega Express Orchestra venu poser ses cordes à la fois douces et oppressantes (idem sur « Hands On Us »), en disent encore long sur cette capacité à faire mouche quelle que soit l’approche adoptée. Encore plus quand Markus Acher délivre son doux timbre de voix à la mélancolie envoûtante, capable à lui seul de faire de certains titres des tubes aussi solides, bien que moins immédiats, que ceux de « Neon Golden ». Pour preuve, testez « Gloomy Planets », magnifique chanson d’amour, ou la délicieuse ballade acoustique « The Devil, You + Me »

Une fois n’est pas coutume, The Notwist rappelle son attention toute particulière pour les arrangements, clés indéniables de ce « The Devil, You + Me » cultivant lui aussi ce paradoxe récurent entre la beauté des mélodies, une précision aussi chirurgicale que rassurante, qui font toutes deux cette ambiance générale trop douce pour ne pas nous rendre paranoïaque (à raison sur un titre comme « Alphabet »). Un degré de maîtrise qui rend les Allemands reconnaissables à la première note, et qui les fait rejoindre sans contestation possible le rang des groupes avant-gardistes tels Radiohead (pour ne citer que le plus évident) qui ne sortent jamais leur disque sans avoir la certitude de ne pas y avoir tout mis, comme s’il s’agissait de leur dernier. Après tout, c’est bien la seule et ultime crainte qui puisse persister une fois digéré ce nouvel album, très certainement voué à devenir aussi classique que son prédécesseur

En écoute

1. Good Lies     

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Une réponse à Notwist – « The Devil, You + Me »

  1. scham 18 juillet 2009 à 16 h 49 min #

    Dans la continuité de « Neon Golden » au niveau émotion. Musicalement, peut etre moins froid. Encore une perle indémodable à leur actif.

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