NLF3 – ‘Pink Renaissance’

Album / Prohibited / 22.09.2014
Musique illustrative à dimension physique

Les années passent et le postulat est toujours le même: selon moi, l’oeuvre de ‘la famille Prohibition’, et plus particulièrement de NLF3, n’est pas suffisamment estimée. La mémoire me fait défaut, et peut-être l’ai-je déjà écrit dans ces colonnes, mais la trilogie sortie entre 2008 et 2010 présente des reliefs d’une subtilité telle que plusieurs années après sa parution, son écoute s’accompagne toujours d’un sentiment de béatitude.

Les musiques contemporaines – quelles que soient leurs étiquettes post, kraut, math, concrete et j’en passe – revendiquent pour beaucoup un caractère pictural qui éveille forcément, comme une madeleine, une dimension mémorielle, telle que des réminiscences d’images, de sensations, d’odeurs ou de sons. De Tortoise à Battles, en passant évidemment par Steve Reich ou encore Fuck Buttons, c’est étrangement celle du trio français qui génère, pour moi, cette attraction intangible.

Si son goût pour le tropicalisme et l’avant-gardisme l’a mené vers Sergei Eisenstein (pour la reprise musicale de ‘Que Viva Mexico!’), NLF3 pourrait tout aussi bien se tourner vers Alejandro Jodorowski. Mais depuis, chaque membre a aussi fait son chemin dans le cadre d’épopées parallèles. Ce fut le cas de Fabrice Laureau avec F/Lor, de Nicolas Laureau avec Don Niño ou encore de Jean-Michel Pirès avec The Married Monk ou Headphone, tous présentés dans nos pages.

Évidemment, les projets alternatifs nourrissent toujours le socle commun, et le trio n’échappe pas à la règle. À ce titre, les synthétiseurs de Fabrice Laureau version F/Lor influent considérablement sur les compositions de ‘Pink Renaissance’. Si les guitares occupent toujours une place centrale, le mixage ne leur accorde plus autant d’importance. Les pièces de l’album perdent également en densité; plus dépouillées, elles ne traversent plus autant de saccades que par le passé. En résultent des formats plus courts, plus directs.

De fait, ‘Pink Renaissance’ entame un nouveau chapitre de la discographie du trio, sans doute moins organique. Cette oeuvre marque en effet un virage important dans l’esthétique du groupe. Malgré tout, les fondamentaux restent là: à l’heure où je vous parle, je peux entendre le zouk de mon vis-à-vis de l’immeuble d’en face et c’est toujours la musique de NLF3 qui est la plus colorée.

‘Three Dances’, ‘Asvattha’, ‘Rosen’

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