Modeselektor – « Happy Birthday »

Happy Birthday[Album]
10/09/2007
(BPitch Control/Pias)

« Hello Mom« , leur premier album, avait fait une quasi-unanimité sans pourtant afficher l’homogénéité qu’on aurait pu attendre d’eux suite à quelques maxis très réussis. Cela n’aura pourtant pas empêché quelques grands pontes du music business comme Thom Yorke (Radiohead) de vanter tous les mérites du duo Modeselektor, et ainsi de lui offrir une publicité rêvée.

Du coup, Gernot et Szary ont dû s’atteler à ce nouvel album non sans une certaine pression, se sachant clairement attendus au tournant. Mais, fidèles à eux-mêmes, ces deux Allemands ont continué à oeuvrer dans une même optique, dans la joie et l’énergie, sans faire de concession si ce n’est celle d’écouter ses envies, et ont de nouveau enregistré cette nouvelle livraison dans leur caravane aménagée en home studio. Pas vraiment de prétentions et d’ambitions démesurées donc, si ce n’est de faire leur musique et, si possible, sans qu’une quelconque étiquette y soit facilement apposée

Effectivement, Modeselektor puisent dans tout ce qu’il peut, et le ressort avec une personnalité évidente, quitte à inventer de nouveaux qualificatifs pour que le mélomane informé sache à peu de choses près à quoi s’attendre. Que celui-ci sache donc que « Happy Birthday » (titre choisi en raison d’une proche paternité simultanée) est une belle suite offerte à « Hello Mom ». D’abord musicalement, puisque seul sur la grande majorité de ce disque, le duo se montre le plus souvent sous son meilleur jour. Comme sur le « Godspeed » d’ouverture et « The Wedding Toccata Theme » qui ne sont pas sans rappeler les derniers travaux de dDamage et de Ra (la furie en moins), un « BMI » un brin minimal et plus techno que ce à quoi Modeselektor nous a toujours habitué, la reprise de l’hymne trance « The First Rebirth » plus ou moins réussie, le puissant et sans répit « Black Block », ou le beau et popisant « Edgar ». On passera, par contre, volontiers sur l’horrible « Happy Birthday » et son contre-temps synthétique nous plongeant dans un regrettable cyber-rocksteady. Même pas drôle..

Dans les collaborations aussi puisqu’on retrouve une nouvelle fois un TTC, mais en petite santé, sur un « 2000007 » bien loin de concurrencer l’énorme « Dancing Box » du précédent disque tant sur le fond que sur la forme, et Paul St Hilaire (aka Tikiman) sur un « Let Your Love Grow » qui sied à merveille à sa voix toujours très proche d’Horace Andy. A ces expériences renouvelées s’ajoutent les contributions de Puppetmastaz sur le très bon « The Dark Side Of The Sun » affilié eurocrunk, Otto Von Schirach qui technoise un « Hyper Hyper » aux sonorités 80/90 (que l’on retrouve aussi sur « Sucker Pin »), Siriusmo pour un oppressant, mélodique mais efficace « Déboutonner », Maximo Park qui donne au titre bonus « I Can’t Sleep Without Music » la couleur d’un Dépêche Mode réactualisé, et surtout Thom Yorke qui transforme l’essai de son admiration sur l’excellentissime « The White Flash », doux et tout en retenue (comment en aurait-il pu être autrement?) finalement assez proche du dernier opus d’Apparat. Incontestablement, ces Allemands inspirent..

Cela ne fait aucun doute, Modeselektor s’est clairement fait plaisir tout au long de ce « Happy Birthday », deuxième album bien maîtrisé pour qui connaît la difficulté de donner une suite à un premier disque qui a fait jaser. Très bien entourés, plutôt inspirés à en croire la grande diversité du tracklisting, les deux Allemands ne feront peut-être pas l’unanimité tout au long de cette bonne heure d’écoute. Mais personne ne pourra leur enlever ce souci d’originalité qui fait que Modeselektor apparaît aujourd’hui comme un des grands artisans de la musique électronique

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