MGMT – « Oracular Spectacular »

Oracular Spectacular[Album]
24/03/2008
(Columbia/Sony BMG)

Depuis que l’hypermarché musical des années 80 a ouvert grand ses portes, les nouvelles pousses prennent leur ticket de loterie dans l’espoir de devenir la nouvelle coqueluche du mois, rythme auquel elles s’enchaînent depuis quelques temps. Mars sera celui de MGMT (pour « Management »), duo allumé d’étudiants en art tout droit venus de Brooklyn, qui se sera extirpé de ce lot de prétendants jeunes et frais, par une excellence évidente à l’écoute de son premier album. Et, il ne fait aucun doute qu’il fallait viser haut, vu le nombre de volontaires à s’être cassés le nez avant eux, en voulant mélanger ainsi couleurs glam rock, disco, et new wave

Mais les new yorkais ont peut être tiré avantage de cette insouciance soulignée jusque dans leurs paroles (« This our decision, to live fast and die young », « Let’s make some music, make some money, find some models for wives, I’ll move to Paris, shoot some heroin and fuck with the stars »). Comme si ne rien calculer, composer librement en laissant agir le destin, s’était révélé être leur formule gagnante. Du coup, « Oracular Spectacular » affiche une diversité aussi plaisante que captivante, s’amuse à brouiller les pistes des influences (même si on pourrait citer Klaxons, Bowie, Rolling Stones, Royal Trux…), sans jamais altérer la cohérence globale de cet album, consolidée par les talents de producteur de David Fridmann (Mercury Rev, Flaming Lips…). En effet, de la pop psyché de « Time To Pretend » à l’indie electro de « Future Reflections », toujours MGMT se montre inspiré et souligne un réel effort de composition, qu’il sorte des sentiers battus (« 4th Dimensional Transition », « Of Moons, Birds & Monsters ») ou qu’il accouche de titres à l’efficacité mélodique d’une rare immédiateté. C’est notamment le cas de la ballade « The Youth », de « Weekend Wars » passant du calme de l’acoustique au chaos synthétique, et de « Kids » renvoyant aux premières galoches de discothèque

Preuve aussi d’une étonnante maturité, le duo échappe constamment aux pièges habituellement tendus par les eighties et leur légendaire ringardise. Ainsi, le funky et discoïde « Electric Feel » tient largement son rang au sein de ce disque alors qu’il n’aurait pas non plus volé sa place, perdu au beau milieu d’une compilation des standards de l’époque. Et c’est aussi ce qui fait le charme de MGMT, forçant encore plus l’affection quand il va jusqu’à laisser l’impression de se découvrir lui-même, gonflant du coup un capital confiance qui l’emmènera certainement très loin. A condition que, d’ici là, il ne se saborde pas lui-même dans l’euphorie d’une jeunesse irresponsable et d’une folie adolescente

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