Meatbodies – ‘Meatbodies’

Album / In The Red / 13.10.2014
Garage psyché

La roue tourne, laissant à chacun la chance de connaitre son heure de gloire. C’est désormais au tour de Chad Ubovich qui, après avoir brillamment accompagné Mikal Cronin puis Ty Segall au sein de Fuzz, centralise toute l’attention autour de son projet Meatbodies, au sein duquel il s’entoure notamment de Cory Hanson (Wand) et Erik Jimenez (Together Pangea). Et à l’écoute de ce premier album tout juste sorti sur l’éminent label In The Red, pas de doute que le californien a beaucoup appris aux côtés de ses vieux potes, jusqu’à en ressortir le meilleur à son compte, tout en apposant sa propre patte qui, à n’en pas douter, risque de sérieusement rester gravée dans les esprits de tous les adeptes de garage psyché baigné de sonorités sixties.

Parce que c’est bien de cela dont il s’agit ici principalement, même si l’opus ne freine aucun de ses élans pop, rock n’roll, punk rock et métal. Ainsi, passé le trompeur ‘The Archer’ en introduction, Meatbodies se lance avec ‘Disorder’ et ‘Mountain’ dans un rock frontal dont l’urgence, l’intensité, les riffs, certains breaks, et même quelques entournures de chant ne sont pas sans rappeler le moule que John Dwyer (Thee Oh Sees) façonne et lustre depuis des années. A ce stade, conforté par la présence de Ty Segall à la basse et à la batterie sur quelques-uns de ses titres, ‘Meatbodies’ pourrait donc souffrir d’un léger manque de personnalité. Pourtant, le groupe parvient sans mal à convaincre et – par sa fraîcheur, ce groove bien planqué derrière une fausse impression de répétition, son savoir-faire incontestable – faire tout oublier en s’ajoutant à longue liste des dignes ambassadeurs que le monde entier du garage jalouse à la Californie.

Mieux encore, propulsé par des titres aussi forts, incandescents et frénétiques que ‘Gold’ ou ‘Off’, porté par des refrains fédérateurs (‘Him’, ‘Wahoo’), le quatuor va jusqu’à impressionner par sa capacité à se hisser dès le stade du premier album au niveau de ses renommés voisins, tout en glissant ici ou là quelques douceurs inattendues, plutôt bénéfiques pour la bonne digestion du disque (‘Plank’, ‘Dark Road’). De la pièce rapportée à l’acteur influent, Chad Ubovich fait donc ici un pas de géant, loin d’être usurpé au regard du talent qu’il étale insolemment tout au long de cet opus incontournable, désormais pire ennemi de la Prévention Routière tant il donne envie de rouler pied au plancher sur les routes désertées de la Creuse.

‘Disorder’, ‘Mountain’, ‘Gold’, ‘Wahoo’

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