Mark Ronson – « Version »

Version[Album]
16/04/2007
(Columbia/Import)

Si Mark Ronson est devenu un des producteurs les plus en vue à l’heure ou l’on vous parle, c’est parce qu’il peut être qualifié de « touche à tout » de la musique depuis son plus jeune âge. Déjà, lorsqu’il marchait à peine, ses parents le surprenaient à côté de la sono en train de s’adonner à des exercices de air batterie, les fûts étant les premiers à susciter son intérêt. Plus tard, il tiendra la guitare dans un groupe de lycée, puis s’improvisera deejay avec succès, se faisant rapidement une réputation qui dépassera largement les frontières des Etats Unis, pays d’adoption de cet Anglais d’origine. Petit à petit, l’oiseau fait donc son nid au point de tenir les manettes de quelques-uns des albums les plus médiatisés de notre époque. Ce n’est pas Robbie Williams, Lily Allen, Amy Winehouse, ou Christina Aguilera qui vous diront le contraire, ou alors par simple modestie. Voilà donc assez de bagages pour sortir un deuxième album, « Version », au concept assez fort pour s’assurer un bel avenir, qui poussera Mark Ronson assurément plus loin que le « Here Comes The Fuzz » sorti il y a bientôt quatre ans

Ce concept, il est parti de la reprise du « Just » de Radiohead, en version soul/funk sur la compilation « Songs With Radio Heads » sortie par BBE. L’impact est immédiat et les sites internet et blogs se l’arrachent. À partir de ce moment, le moindre geste, et surtout la moindre nouveauté du bonhomme devient épiée puis prisée. Il n’en fallait pas plus pour que l’idée de faire un album de covers, à la même sauce, ne lui vienne à l’esprit. « Version » enfile donc, façon Stax/Motown, les tubes majoritairement issus du patrimoine musical d’outre Manche, souvent avec réussite, même si la partie n’était pas gagnée d’avance en s’attaquant à de tels morceaux à la réputation déjà bien assise. Ainsi, on écoute le « God Put a Smile Upon Your Face » de Coldplay d’une autre oreille quand les cuivres des Daptones semblent incontrôlables sur une rythmique très remontée, le « Toxic » de Britney Spears revêt une tout autre couleur lorsqu’il est appuyé par le flow de Old Dirty Bastard, le « Valerie » de The Zutons sonne soudainement rythm n’blues sous l’impulsion d’Amy Winehouse, sans parler du « Just » de Radiohead ayant déjà fait ses preuves. Tout aussi efficaces, mais moins surprenants sont les « Apply Some Pleasure » et « LSF », respectivement hérités et interprétés par Paul Smith (Maximo Park) et Kasabian. Entre temps, on vous laissera seuls juges des « Oh My God » (reprise de Kaiser Chief par Lily Allen), « Stop Me » (reprises de The Smiths par Daniel Merriweather), « Pretty Green » (reprise de The Jam par Santo Gold »), et surtout du « The Only One I Know » des Charlatans par Robbie Williams

Mark Ronson se tire donc plutôt bien d’un exercice auquel pas mal ont laissé des plumes par le passé. En effet, son public acquis par « Here Comes The Fuzz » aurait pu juger suicidaire de reprendre de tels noms de la musique mainstream, en les associant de surcroît à des featurings qui, pour quelques-uns sur le papier, les auraient définitivement poussés à tourner les talons. Mais « Version », bien que vite prévisible au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans son tracklisting, ainsi que le sens inné du groove de son géniteur, ne font que confirmer tout ce talent sur lequel se répandent de plus en plus les médias. À tel point qu’on lui aurait pardonné de pousser le vice jusqu’à intituler ce disque « Here Comes The Buzz ». Remues maintenant..

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