Last Ex – ‘Last Ex’

Album / Constellation / 13.10.2014
Cinémascope

Il est toujours fascinant de suivre le parcours d’artistes dont l’inspiration semble intarissable. Cette année fut déjà couronnée par la sortie de ‘Hot Dreams‘, le sixième album de Timber Timbre et, selon nous, leur meilleur alors que leur discographie ne souffrait déjà d’aucun faux pas. Voilà que, quelques mois plus tard, deux de ses membres les plus émérites renouent avec l’actualité pour un nouveau projet, intitulé Last Ex.

Comme nous le disions déjà lors de l’annonce de la formation, les deux multi-instrumentistes que sont Simon Trottier et Oliver Fairfield ont simplement décidé de prolonger l’expérience d’une session de compositions, à l’origine destinée à illustrer un film, finalement avorté. Intégralement instrumental, Last Ex convoque – et c’est fort logique compte tenu de l’historique du projet – de nombreuses images. Avec cette formation minimale, le duo parvient à nourrir ses idées d’arrangements somptueux, comme c’est déjà le cas avec Timber Timbre.

En un peu moins d’une quarantaine minutes, ils prennent plaisir à revisiter leurs propres références cinématographiques, du classique au cinéma d’exploitation, passant par le giallo, le spaghetti ou l’avant-gardisme. On oublie d’ailleurs souvent que c’est dans le cinéma bis qu’on trouve les meilleurs bandes originales. Ainsi, ‘Last Ex’ décline ses thèmes avec un savoir-faire évident, certes enrichi par les possibilités à disposition des deux multi-instrumentistes, mais aussi sublimé par son goût de l’authenticité, comme en témoigne le son brut de la section rythmique, certainement enregistrée live.

Évidemment, l’exercice de style n’est pas sans évoquer d’autres projets analogues, tels que Beak>>, Zombie Zombie (notamment leur récente bande-originale ‘Loubia Hamra‘), Jean-Claude Vannier (‘Trop Tard’) ou David Lynch. Certes, à l’heure où ce dernier annonce le retour de ‘Twin Peaks’, la référence parait évidente et convenue, mais l’écoute de ‘Resurrection Drive’ ou ‘Hotel Kiss’ nous plonge complètement dans la ville aux 51 201 habitants.  Sans grande surprise, Last Ex conclut une oeuvre d’une classe folle, en toute discrétion, sans grandiloquence ni excès, simplement cultivé par un amour et un respect infinis pour le cinéma et les belles illustrations musicales.

‘Hotel Blues’, ‘Resurrection Drive’, ‘Girl Seizure’

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