Lack – « Saturate Every Atom »

Saturate Every Atom[Album]
05/03/2008
(Play Rec/La Baleine)

Honte sur nous de ne pas avoir connu Lack plus tôt. Peut être faut il aller chercher la raison de cette injuste impasse dans ce réflexe systématique que l’on peut avoir et qui consiste à tourner la tête vers les Etats-Unis, l’Angleterre, la Suède ou l’Espagne, dés qu’on en vient à parler de rock indépendant et plus précisément de punk. Mais, il se passe aussi des choses du côté du Danemark, là ou Lack, digne représentant local, sort ces temps-ci son troisième album, nouvelle étape de sa continuelle ascension. Car avant de se risquer à un avis définitif sur ce « Saturate Every Atom », on aura pris le temps de se pencher sur « Be There Pulse », excellent deuxième opus qui effaçait le moindre complexe dont pouvait souffrir le groupe vis-à-vis des cadors du genre. Et cela, même si Lack n’y étalait pas forcément une originalité à toute épreuve en déballant un post hardcore d’école, impeccablement digéré et maîtrisé sur le bout des doigts, entre l’émotion d’Engine Down et l’inspiration de nos tout aussi convaincants Tang nationaux. Que les heureux possesseurs de ce disque s’arrêtent tout particulièrement sur « Marathon Man », « 5 o’Clock In The Evening », et « Disburden » pour plus de précisions

Comme bon nombre d’héritiers de l’indie américain des nineties, Lack aurait pu se répéter ad vitam aeternam, et se contenter de simples déclinaisons sans véritables prises de risque. Seulement le quatuor laisse plutôt ce triste réflexe aux locomotives du genre, toutes nationalités confondues, oubliant trop souvent que leur public attend d’elles autant de fraîcheur que d’efficacité. Ce que les scandinaves ont clairement anticipé avec « Saturate Every Atom », marquant clairement une évolution dans leur son tout en maintenant leur approche musicale intacte. Ainsi, Lack, provocateur et engagé comme il l’a toujours été, n’hésite plus à varier encore un peu plus les plaisirs, au point de sonner comme le plus américain des groupes danois quand il marie subtilement le son de Chicago (la basse de « Behead » et « Hund » rappelle inévitablement un certain trio), avec la vision de Washington (quelques réminiscences Q & Not U ou Fugazi se font sentir, dans les guitares de « I Want You To Call Me Peter North » notamment) et les mélodies californiennes (les refrains imparables de « CPH »)

Du déjà vu me direz vous. Sauf que Lack parvient parfaitement à puiser le meilleur de tout cela pour accoucher d’un album intelligent, direct, alternant quelques douces sucreries au goût connu de tous (« Happiest Thing Alive »), d’autres plus relevées (le single « Bombing The Moon », « Watchmen »), et quelques titres plus originaux et épicés (« Indie Kids Wear The Keffiyeh But Can’t Spell PLO », « Italian Shoes, Asylum Suicides ») qui laisseront un souvenir durable au gourmand qui aura osé bousculer ses papilles gustatives. Profitons alors sans modération qu’un tel disque, d’un groupe aussi inspiré et injustement méconnu, soit disponible en France pour ne pas passer à côté. Vous voilà prévenus..

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