Jean Jean – ‘Symmetry’

Album / Head Records / 16.09.2013
Math rock & more

Il ne faut pas aller plus loin que son nom pour être assurer d’une chose le concernant: Jean Jean ne se prend pas au sérieux. Un constat dont on ne doit pas pour autant affubler sa musique. En témoigne « Symmetry », un deuxième disque tout juste sorti du four Head Records, qu’un premier Ep et d’innombrables concerts à travers l’Europe auront contribué à affiner. Parce que, s’il est toujours question ici de math rock et d’accointances dancefloor, le trio refuse de n’être qu’un digne héritier de la génération Marvin & co pour laquelle il porte assurément une certaine affection. Ce serait d’abord réducteur, injuste ensuite tant dans ce spectre musical assez étroit au demeurant, les parisiens parviennent à se frayer leur propre chemin, en empruntant notamment une voie plus post rock que n’importe lequel de leurs aînés (« Love »), mais aussi en optant pour une diversité rarement si maîtrisée chez les outsiders français du genre. D’ailleurs, en optant seulement pour sept titres instrumentaux (à l’exception du chanté « Laser Love »), Jean Jean montre qu’il connaissait manifestement le danger encouru, assez pour préférer servir ses autres qualités: cette fraîcheur et cette spontanéité qui le rapprochent de certains défricheurs d’Outre Manche, et qui ôtent illico les derniers doutes quant à son éventuel opportunisme. Car à entendre avec quelle facilité ils enchaînent les plans, conjuguent les rythmiques, marient les sonorités, ces trois-là ont incontestablement leur musique dans le sang. En témoigne « Coquin l’Eléphant », une entame aux allures d’abord un peu prétentieuses tant elle regorge de références, de clins d’oeil, et en met plein la gueule, mais qui saisit ensuite l’auditeur en lui récitant le menu de ce qui va suivre. Cette enfilade de preuves que ce groupe ne se la raconte pas, qu’il ne délaisse jamais l’efficacité même quand il choisit de prendre des chemins détournés, et surtout qu’il possède tous les atouts nécessaires à un avenir radieux. Quand Jean Jean verra double et allongera son tracklisting avec une maîtrise égalée.

« Coquin l’Elephant », « Love », « Laser John »

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