Houston Swing Engine – « Entre Hommes »

Entre Hommes[Album]
01/04/2007
(Headstrong/Import)

« Avoir ce que l’on mérite » est une devise qui n’a malheureusement pas toujours lieu d’être dans la petite sphère du rock n’roll. Houston Swing Engine en sait quelque chose, lui qui d’album en album ne cesse d’étaler tout son talent. Ses premiers essais avaient déjà mis la puce à l’oreille, et quand nous avons appris que « The Tiger Flamboyant« , leur dernier disque en date, rejoignait le prestigieux catalogue At(h)ome, on a trop vite cru les Suisses sur de bons rails. Mais trop méconnus en France, et peut être en raison d’un sérieux déficit en matière de promo et de soutien de la presse spécialisée (pourtant souvent très ouverte à défendre bec et ongle quelques formations ne valant pas un caillou), Houston Swing Engine s’est vu revenir à la case départ. Plus de label, malgré l’énorme paradoxe d’avoir sous le bras son meilleur album à ce jour, impeccablement produit par Santi Garcia, grand manitou de la production catalane

Avouez que tout cela sonne trop injuste, avant même qu’on ait dit un seul mot sur ce troisième album. Et même si Headstrong a eu le bon goût de se mettre sur les rangs, force est d’avouer que les choses n’ont pas changé d’un iota, et que ce « Entre Hommes » reste encore totalement indisponible en France. Il ne vous reste alors qu’à prendre un avion, un train, ou un bus pour sauter les Alpes et vous procurer cette précieuse galette. À moins qu’une oreille affûtée finisse enfin par se manifester… Pas gagné, on est en France, Houston Swing Engine braille et fait du bruit. Pas vraiment ce que nos chères maisons de disques recherchent en ce moment pour renflouer les caisses..

Pourquoi donc en parler si cela revient ni plus ni moins à pisser dans un violon? Parce qu’il est aussi notre devoir de rendre à César ce qui lui appartient, et de vous informer de ce dont vous privent ces chères têtes pensantes, maîtres du bon goût, qui décident de la nouvelle sensation de demain, les fesses confortablement posées dans le cuir… « Entre Hommes » circule donc depuis avril dernier de mains chanceuses en mains curieuses, et a fini par atterrir chez nous

Quel bien lui en a pris, car Houston Swing Engine frappe encore un grand coup, et pond un disque qui, une nouvelle fois, retranscrit parfaitement la déflagration qu’est chacun de ses lives. Et s’il doit y avoir un seul changement cette fois, c’est incontestablement dans la détermination qu’il réside. Finis ces longs morceaux instrumentaux qui ponctuaient les tracklisting précédents, les helvètes foncent maintenant droit au but, sonnent légèrement plus rock n’roll, tout en contentant (et le mot est faible!) ses plus fidèles adeptes définitivement attirés par le côté heavy/stoner de leur registre. Du coup, l’entame « My Velvet Hostage », tout riff en avant, déluge sonore, au couplet chanté et au refrain hurlé, en viendrait presque à surprendre l’oreille peu préparée qui n’aurait jamais pris sa dose de Refused. Car à chacun des titres, il faudra encore s’attendre à une intensité destructrice (même sous jacente sur des morceaux plus retenus comme « Murder, Murder » ou « Everything Fades »), malgré quelques breaks du plus bel effet (« Transitional State Of Joy », « Odin ») apportant un peu d’air, plus par souci de notre santé auditive que par véritable nécessité. Et les bombes pleuvent: « New Wave Hookers » est un des meilleurs titres de la discographie HSE, « Kiss It Goodbye » témoigne d’une certaine application dans la composition, tout comme l’excellent « Chessmate Fucker » (tout en variations, partagé entre passages mélancoliques et explosion hardcore). Quelques exemples parmi d’autres

De quoi franchement énerver… On vous comprend, car on partage votre frustration, mais avec une légère touche de désespoir supplémentaire une fois ce « Entre Hommes » bien digéré. On ne remue pas le couteau dans la plaie, on clame juste haut et fort à qui voudra l’entendre, que Houston Swing Engine continue sereinement sa progression, comme si, finalement, il se satisfaisait de ce statut définitif de simple groupe Suisse qu’on lui force d’accepter. Allons même jusqu’à souhaiter, résignés que nous sommes, que le plaisir que semble prendre le groupe ici prenne toujours le pas sur le reste, et qu’il continue de nous abreuver de si bons moments de rock n’roll..

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