Grayskul – ‘Zenith’

Album / Fake Four / 17.09.2013
Hip hop indie

Si Grayskul s’est fendu de quelques obscures collaborations ces dernières années, c’est surtout son album ‘Bloody Radio’, paru chez Rhymesayers il y a maintenant six ans, qui reste aujourd’hui dans les esprits. Depuis, pas grand chose, chacun des membres du duo s’étant attelé à d’autres projets, solo notamment à l’image de Onry Ozzborn responsable de l’excellent ‘Hold On For Dear Life’ en 2011: l’opus qui inaugura la collaboration avec Fake Four, label prenant actuellement de plus en plus d’importance outre Atlantique et sur lequel on retrouve logiquement ‘Zenith’, une nouvelle salve qui laisse de nouveau parler la poudre tant elle active illico les va et viens cervicaux. Mais comment aurait il pu en être autrement tant Ozzborn et JFK se sont particulièrement bien entourés au moment de revenir à la cohabitation de leurs rimes complexes?

Visez plutôt: Aesop Rock et Smoke parmi les producteurs de ce disque, pour servir quelques contributions de Raekwon, Solillaquists Of Sound, Aesop Rock lui-même, Dj Spark, et autres acteurs aussi méconnus ici en France que tout à leur place au sein de ces dix sept titres opérant un léger virage dans la discographie du groupe. En effet, bien que fidèle à ses synthés et à ses ambiances sci-fi (‘Apollo 11’), Grayskul tente timidement de tourner le dos à la noirceur qui a longtemps fait sa marque de fabrique, pour mieux céder à la tendance, hip hop ou electro. ‘Zenith’, premier titre de l’album renforcé par la présence de Raekwon, est ainsi une des parfaites illustrations de l’habileté qu’a le binôme à constamment marcher sur des oeufs.

Fort d’une marginalité entretenue de longue date, Grayskul ne perd en rien sa redoutable efficacité, nouvelle fois fil rouge incassable de cet opus souvent très proche des terrains de prédilection des El-P et Slug (‘Come On’, ‘Wide Awake’, ‘There Is No Edge’), ou d’emprunter le groove cher au Blockhead des débuts (‘I Adapt’). De fait, les deux affichent une constance remarquable dans la diversité d’un ‘Zenith’ intelligent, à peine écorné par une pointe de classicisme suffisant (‘My Goodness’, ‘UFO’) ou quelques tentatives ratées (la nu soul futuriste de ‘The Gift’, le rock fusion de ‘We Vanish’). Grayskul continue d’évoluer sans se trahir, et rappelle au passage à qui veut bien l’entendre que le hip hop de Seattle ne se résume pas seulement à Macklemore. Ou comment joindre l’utile à l’agréable…

‘Zenith’, ‘Come On’, ‘I Adapt’, ‘There Is No Hedge’, ‘Not Going Everywhere’

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