Earl Sweatshirt – « Doris »

earlAlbum / Columbia / 20.08.2013
Hip hop

Alors que la bande de Tyler se gratte actuellement la tête pour trouver des solutions face à l’assèchement médiatique croissant qui la menace, Earl Sweatshirt – le petit jeunot de la bande – débarque au meilleur moment avec un second album sous le bras histoire d’insuffler un nouveau souffle dans les bronches de ce collectif si frais il y a encore quelques années.

La route vers les studios a pourtant été longue pour le rappeur qui a du partir pour une longue cure disciplinaire aux îles Samoa ou sa mère –  choquée par ses textes et ses envies de viols sous jacentes – l’avait envoyé. Bien qu’il ne s’en doute probablement pas, cette mise sous silence forcée aura eu pour effet de cristalliser, de figer l’attente du public et de la critique, donnant à ce second opus des allures de jeune premier pour celui qui – avec Tyler et Frank Ocean – présentait le plus fort potentiel de la meute.

Celui qui trouve ici toute sa pleine mesure, tant l’album porte la marque d’une maturité et d’une évolution martelée par son géniteur. Plus question d’évoquer les envies de meurtres qui l’habitaient autrefois, ici le propos se fait plus terre à terre, tournant désormais autour d’autres problèmes tels que l’absence de figure paternelle et le choix entre musique et vie sentimentale.

Outre les textes, on renifle ici, au bout de quelques écoutes, un début d’affranchissement par rapport aux gimmicks de productions made in Odd Future. Même si certains morceaux conservent cette patte glauque et sèche sur des morceaux comme « Pre », l’instru « 523 » ou encore « Guild », l’essentiel est ailleurs, dans les petites infidélités sonores dont « Doris » regorge.  Ainsi, la paire Pharrel Williams-Chad Hugo donne une excursion lyrique à « Burgundy », Frank Ocean joue l’apaisement sur le très bon « Sunday »,  tandis que RZA ramène « Molasses » sur les terres du Wu-Tang.

Se détachant lentement mais surement de l’étiquette Odd Future ou son premier album l’avait rangé, Earl voit ici plus loin que tous ses comparses, s’émancipant au contact d’autres producteurs qui, par leur approche, confortent la paisible montée en puissance de ce jeune talent dont l’écriture gagne en épaisseur. Ce qui fait de « Doris » le meilleur album à être sorti du pensionnat Odd Future.

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« Sunday », « Chum », « Molasses », « Hoarse »

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