Dub Trio – « Another Sound Is Dying »

Another Sound Is Dying[Album]
29/01/2008
(Ipecac/Differ Ant)

Les plus âgés d’entre vous se souviendront peut-être de ces chefs d’oeuvre publicitaires français qui mettaient en scène les cocasses aventures du moustachu Monsieur Plus (pour vanter les mérites d’un quelconque géant du gâteau apéritif, si ma mémoire ne me joue pas de tour). Allez savoir pourquoi, j’ai eu une pensée émue pour feu Monsieur Plus, à l’écoute du troisième album studio de Dub Trio. Voilà un disque qui aurait forcément plu à ce brave homme..

Car « Another Sound Is Dying » est tout simplement plus. Plus dub, plus metal, plus lourd, plus barré, plus diversifié et plus abouti que ses prédécesseurs. Rien que ça. Hormis son visuel au goût très discutable, on ne trouve même pas de véritables défauts à ce disque, c’est vous dire

En tout cas, ceux qui ont aimé les précédents retrouveront certainement avec plaisir ces enchevêtrements inattendus entre ambient dub et hardcore metal. Pourtant, quoi qu’on en dise, l’atmosphère générale a changé depuis « New Heavy« . Terminés les sprints punk à la Bad Brains qui faisaient un peu la marque de fabrique du trio… Il en reste bien un ou deux ici ou là qui vous giclent au visage sans prévenir (cf. « Agonist »), mais dans l’ensemble, le disque se situe davantage dans une esthétique post-hardcore: souvent mid-tempo, sombre, oppressant et transporté par une basse rugueuse. Essayez d’imaginer Tool qui ferait du dub par exemple, et vous aurez une petite idée de la couleur de ce nouvel opus

On vous l’avait annoncé il y a quelques mois, Dub Trio a désormais rejoint l’écurie déjantée d’Ipecac, le label de Mike Patton (qui revient donc logiquement pousser la chansonnette sur le flippant « No Flag »). Si les New-yorkais restent plus accessibles que la majeure partie de leurs collègues de label, quelques titres plus bruitistes et/ou expérimentaux font tout de même leur apparition au fil du disque (« Funishment », « The Midnight Rider »). On est également assez –agréablement- surpris d’entendre ces sublimes envolées shoegaze façon My Bloody Valentine ou Mogwai (cf. « Felicitation », voire « Respite ») qu’on ne connaissait pas chez le groupe auparavant

Le son du disque est aussi mieux produit, plus réfléchi, moins « direct dans ta gueule » que par le passé. Paradoxalement, les titres n’en sortent que plus efficaces encore. Stu Brooks (basse), DP Holmes (guitares) et Joe Tomino (batterie) ont beau être des experts de leurs instruments, demandés de partout (Fugees, Mos Def, 50 Cent, et j’en passe…), ils ne tombent pas dans le piège de la démonstration technique pour autant. Les riffs de guitare sont suffisamment simples pour vous coller au crâne pour la journée, tandis que la paire rythmique vous fait tourner en bourrique à grands coups de contretemps espiègles

Au final, « Another Sound Is Dying » transcende les genres sans jamais perdre en cohérence. Le disque devrait en effet séduire aussi facilement les fans de The Melvins que ceux de Neurosis, Helmet, Scorn ou Shellac, ou tout autre amateur de musique un tant soit peu aventureuse. Comme disait l’autre: « Pour ceux qui en veulent encore plus, toujours plus. »NB: Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, les amateurs de microsillons noteront que cet excellent album sort aussi en vinyl sur le label ROIR

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