Division Of Laura Lee – « Violence Is Timeless »

Violence Is Timeless[Album]
28/10/2008
(I Made This/Import)

Le label Burning Heart battant de l’aile, beaucoup de ses groupes les plus populaires, à l’exception de Millencolin, se sont fait la malle ou se sont vus obligés d’aller chercher un soutien supplémentaire ailleurs: The International Noise Conspiracy et The Hives vaguent désormais sur les eaux des majors sans pour autant en être détaché, Turbonegro et Looptroop ont carrément fait leur valise pour trouver une nouvelle demeure. C’est aussi le cas de Division Of Laura Lee qui, après deux albums, a préféré faire confiance à une structure beaucoup plus modeste. Vous ne trouverez donc pas ce « Violence Is Timeless » chez tous les disquaires, au moins chez les plus affûtés: un triste destin pour un album qui mérite pourtant autant de louanges que ses prédécesseurs

Car, s’il s’inscrit dans la lignée du déroutant « Das Not Compute« , il prend encore plus ses distances avec l’unanimement salué « Black City« , premier opus ayant poussé les Suédois dans le grand bain en se démarquant via de nombreux arrangements de synthés et de percussions. Ainsi, « Violence Is Timeless », et son instrumentation basique, s’affiche comme le disque le plus brut de décoffrage de leur discographie. Non pas qu’ils aient vraiment lâché les chiens, puisque quelques titres plus posés (« Pirates », « Martin ») trouvent encore largement leur place au sein de ce tracklisting ou chaque titre se révèle indispensable. Plutôt que Division Of Laura Lee semble ne pas vouloir dire ici son dernier mot en s’armant de cette pop garage, parfois un brin stoner (« Central Park »), et toujours finement mélodique. Ici ou là, on pense aux Anglais de Serafin comme à Nirvana (« Caress/Hotnights »), à dEUS comme aux Strokes (« Silver Ghost »), à Pavement comme à Sonic Youth, parfois même à Fugazi (« Evil Out Of Me », « Do You Love Me »)… Mais le plus souvent le combo laisse surgir de sa simplicité une identité sans faille, responsable de quelques excellents titres pour ne pas dire tubes: « 3 Guitars » happe par sa touchante mélancolie tandis que « Lax », « Anytime, Anywhere », « Blank Love Poetry » comme l’étincelant refrain de « Violence Is Timeless » collent instantanément à la peau

Quatre ans sans entendre parler de Division Of Laura Lee, et voilà qu’on en oublierait presque l’immense talent qui l’habite, et qui l’invite constamment à avancer. Ainsi, son « Violence Is Timeless » s’annonce déjà comme une énième injustice dont l’histoire du rock est jonchée: celle de voir l’exceptionnel potentiel de son disque s’évaporer par manque de lumières médiatiques et de plus grands moyens. Reste à espérer que le groupe, comme malheureusement tant d’autres avant lui, n’y trouve pas son dernier souffle. On ne s’en relèverait pas..

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