Cocorosie – « The Adventures Of Ghosthorse & Stillborn »

The Adventures Of Ghosthorse & Stillborn[Album]
10/04/2007
(Touch & Go/Pias)

Dans la musique, il y a plusieurs façons de faire… Vous avez des virtuoses comme Joe Satriani qui vous noient sous une marée de technicité et 15000 notes à la minute, vous avez des mastodontes comme Pink Floyd dont les concerts sonnent quasiment en 5.1 grâce à des moyens techniques et financiers gargantuesques, vous avez des illuminés comme Rammstein qui ne craignent aucune démesure avec des shows pyrotechniques à faire pleurer ce « biiiiiiiiiiip » de De Villiers et son Puy Du Fou. Et vous avez aussi quelques freaks comme The Velvet Underground qui en font le moins possible pour un maximum d’effet

Cocorosie ferait plutôt partie de cette dernière catégorie. En deux albums, les soeurs Cassidy ont montré tout ce qu’il était possible de faire avec des jouets d’enfants, un joli brin de voix et beaucoup d’imagination. Si vous êtes passés à côté de la musique de ces deux américaines jusqu’à présent, imaginez Bjork reprenant à sa sauce du Syd Barrett pour illustrer un film de Michel Gondry, et vous ne serez pas très loin de la vérité. Un cocktail assez iconoclaste qui aura vite séduit tout le public néo-hippie des Devendra Banhart ou Antony And The Johnsons. Mais il faut bien dire qu’il semblait compliqué de décliner cette formule sur un troisième album sans finir par lasser un peu l’auditeur exigent… Les deux frangines ont d’ailleurs dû se dire peu ou prou la même chose puisqu’elles ont sensiblement changé la donne pour ce nouvel opus

Est-ce l’influence de leurs amis français, le rappeur protéiforme Spleen et le beatboxer Tez (tous deux présents sur l’album), qui les a menées sur cette voie? Toujours est-il que « The Adventures Of Ghosthorse & Stillborn » a une assise rythmique bien plus solide que par le passé. Le disque est par conséquent moins flottant que ses deux prédécesseurs, mais les petites protégées du label Touch&Go parviennent néanmoins à conserver la fraîcheur enfantine qui a fait leur succès. Leur folktronica lo-fi accueille donc désormais quelques beats hip hop ici ou là, forçant Sierra et Bianca à adapter leur chant en conséquence, pour un résultat étrangement enthousiasmant (« Rainbowarriors », « Promise », « Animals »…), tandis que les ritournelles prennent des airs soudainement plus primesautiers (« Japan »). Que les fans masochistes de la première heure se rassurent, il y a toujours quelques balades vénéneuses sur lesquelles se morfondre avec délice (« Miracle », « Sunshine », « Raphael »…)

Ce troisième album devrait logiquement élargir l’auditoire du duo sans pour autant choisir la facilité de la redite. Fortement conseillé donc, sauf peut-être aux fans indécrottables de Satriani..

En écouteRainbowarriors

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