Cocoon – « My Friends All Died In a Plane Crash »

My Friends All Died In a Plane Crash[Album]
29/11/2007
(Sober & Gentle/Discograph)

Au printemps dernier, avec « From Panda Mountains« , le dernier maxi de Cocoon qui annoncait fièrement un premier album, c’est tout revigorés qu’on avait visité la réserve naturelle du duo, slalomant entre une poignée de titres folk du plus bel effet. Soudainement, Mark Daumail et Morgane Imbeaud se posaient d’un pas décidé sur une scène française touchée de plein fouet par un grand retour des mélodies acoustiques. Finis ces groupes qui se devaient obligatoirement de chanter en français pour toucher un large public et attirer les feux des médias. Cocoon, à l’instar de Hey Hey My My, Syd Matters, ou Stuck In The Sound, rappelait alors, à qui voulait bien l’entendre, que la qualité musicale passait bien avant l’origine de la langue qu’on y posait

Et cela se confirme logiquement tout au long de ce « My Friends All Died In a Plane Crash », qui aurait peut-être eu le même impact s’il avait été chanté en Flamand ou en Hongrois. Car si les textes ont évidemment leur importance, c’est surtout de jolies notes et ces deux voix suaves parfaitement mariées que l’on vient retrouver ici, comme pour s’échapper d’un quotidien souvent trop sombre. Cocoon est incontestablement sur son petit nuage, trop petit pour y emmener autre chose qu’un clavier, une guitare, voire un ukulélé, mais bien assez grand pour accueillir tous ceux qui voudraient bien y partager ce pur moment de bonheur et de douceur. Et ils sont nombreux ceux à vouloir se faire envoûter par cette poésie délicate, ces harmonies capables d’aller chercher au plus profond de l’émotion, que l’on soit à la chaleur hivernale d’une cheminée, ou caressé par l’herbe d’un soleil estival. Car le registre de Cocoon possède une force: celle de transpirer l’intimité, donnant l’impression que ce couple à la scène tend la main sans distinction, en toute simplicité, à qui veut bien l’attraper

Et qu’ils abordent des sujets aussi naïfs que les animaux, la mer, la montagne, ou la vie quotidienne, d’autres plus graves comme le viol ou le meurtre; qu’ils les mettent en scène dans des ambiances mélancoliques (« Take Off », « Seesaw », « Paper Boat », « Microwave ») ou plus enjouées (« Vultures », « Owls »); Mark et Morgane ne laissent en bouche qu’un relativisme à toute épreuve, comme si après tout, rien n’était aussi grave que de ne plus pouvoir les entendre. Et c’est cette magie qui s’exprime sur les admirables « On My Way », « Christmas Song », « Tell Me », « Cliffhanger », « Chupee », et « Hummingbird », quelques-uns des moments les plus forts de ce disque, tous révélateurs d’une maturité ahurissante, rarement aussi perceptible sur un premier long format

Avec ce premier album à l’effet similaire d’une chatouille de coton-tige dans l’oreille, Cocoon a donc réussi le difficile compromis de se rendre accessible à tous sans tomber dans le piège de la musique commerciale qui, quoi qu’on en dise, se voit souvent fermer la porte au nez par une certaine frange des mélomanes.Bienvenu plutôt dans un monde léger et enchanté, plongez sans relâche dans cet océan de friandises sans crainte de l’écoeurement, et profitez sans modération de ce que la scène française a révélé de plus goûtu depuis des lustres. À moins que vous soyez de ces brutes épaisses totalement dénuées de sensibilité..

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