Chop – « Illuminate »

chopAlbum / Now Again / 19.08.2013
Electro future funk

Depuis 2009 qu’il est entré dans la danse avec un « For Pete’s Sake » rendant un bel hommage à Pete Rock, la tendance est à la déshumanisation chez Mr Chop. En effet, au fil des deux albums qui ont suivi (« Silver Frequencies » en 2009 et « Switched On » en 2011), le multi-instrumentiste et propriétaire du fameux Apes Studio a laissé tomber son appellation « Mr », puis a progressivement orienté sa musique vers un registre nettement plus electro qui éclate plus que jamais au grand jour avec la sortie de « Illuminate », dénué de la chaleur du funk et de la soul qu’il maitrisait à merveille autrefois. Rien empêche pourtant cette nouvelle salve de laisser elle aussi une belle et forte impression tant Coz Littler – de son vrai nom – possède assez d’expérience et de talent pour sauter d’un genre à l’autre sans y laisser des plumes.

Néanmoins, l’arrivée de ce disque ne fut pas sans obstacle. Initié en 2009 avec la ferme intention de prouver qu’électronique et organique pouvaient enfin brillamment cohabiter, « Illuminate » fut ralenti par le décès du père de Chop. La disparition de celui-ci – peu ou prou son mentor tant il fut responsable de l’ouverture musicale du rejeton – le vida durant quelques mois de toute envie et inspiration. Jusqu’à l’intervention de Joe Fearon, producteur de quelques groupes pop de Liverpool, qui aida le producteur anglais à se remettre sur les rails, faire le tri dans ses ébauches pour le moins variées, surtout  trouver l’élément qui les relierait toutes et rendrait l’album cohérent: la voix de Chop, ici souvent déconstruite, retraitée, transformée.

Le fil rouge de « Illuminate » trouvé, plusieurs musiciens ont ensuite mis leur grain de sel, parmi lesquels Malcolm Catto (batteur de The Heliocentrics) et Ryder Jones (guitariste de The Coral). Au beau milieu des effets, looks et arrangements décidé par Chop, le premier a vu ses parties retravaillées jusqu’à ce qu’elles tournent krautrock, tandis que le second a amené avec lui des sonorités psyché sixties en partie responsables de la couleur rétro futuriste de cet opus bénéficiant également de la pléthore d’instruments et de synthés disponibles dans l’antre du studio.

Au final, sous couvert d’un future funk qui ne se refuse pas grande chose, y compris flirter parfois avec l’indigeste, « Illuminate » aligne quatorze titres se distinguant chacun par le rôle qui leur a été confié, qu’il s’agisse d’une redoutable efficacité rythmique (« Building Blocks », « Airhead »), de mélodies – souvent minimalistes – chargées de réchauffer l’atmosphère (« Illuminate All Voltages », « Rendezvous »), ou d’ambiances des plus intenses bâtissant les murs d’une véritable forteresse (« Sleeper ») dont seul Chop possède le code d’entrée.

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« Building Blocks », « Illuminate All Voltages », « Rendezvous »

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