Burial – « Untrue »

Untrue[Album]
05/11/2007
(Hyperdub/Differ Ant)

Comme ses cousins drum’n’bass ou techno, le dubstep est un genre musical qui sied davantage au format court (12 », titre pour compilation, web…) qu’à la longueur d’un album entier. Du moins, en général. Parce qu’il y a des exceptions… Et Burial en est une

Ce jeune anglais on ne peut plus discret (il refuse les concerts, les photographies, et la plupart de ses proches ignore même tout bonnement qu’il sort des disques sous ce nom) a fait sensation il y a deux ans avec la sortie d’un premier album éponyme qui a su toucher un public bien plus large que l’habituel auditoire d’initiés du dubstep. La douce mélancolie qui se dégage de la musique de Burial possède une dimension universelle, ou en tout cas méta-urbaine, capable de séduire aussi bien les fans de Massive Attack que ceux de Jeff Mills ou Rhythm&Sound. Quiconque connaît la solitude dans la multitude d’une grande ville est capable de faire sien le spleen du producteur anglais

De retour avec un nouvel album, toujours signé sur Hyperdub, le label de son pote Kode9, Burial était donc plus qu’attendu au tournant. Gardant un cap très soulful, le producteur poursuit son chemin sans pour autant se répéter. « Untrue » s’appuie encore davantage sur des samples de voix, souvent féminines, cuttés, filtrés et pitchés dans tous les sens, qui finissent par donner à ce disque des airs de soul éminemment urbaine, ancrée dans le gris du béton. Quand beaucoup de ses collègues dubsteppers préfèrent remonter aux sources jamaïquaines, Burial s’invente plutôt de son côté des souvenirs de Detroit et de Berlin qu’il mélange ensuite à ceux des soirées 2-Step de son quartier du sud de Londres. Des morceaux comme « Near Dark », « Ghost Hardware », « Etched Headplate » ou « Homeless » n’appartiennent à aucune chapelle en particulier. Ils empruntent ici ou là au dub, à la techno, au downtempo, au UK garage, mais rendent finalement tout au centuple. Burial fait partie de la famille des Pole, Trentemoller ou Ricardo Villalobos. Une famille où le coeur est plus important que le sang

Ce disque pourrait servir de BO à un « Trainspotting » d’aujourd’hui, illustrant la frustration d’une bande losers laissée à la porte du club à la mode. A l’extérieur, on devine que les infrabasses font trembler les murs et les beats, même étouffés, finissent pas marquer la cadence. Pourtant ces bribes de voix se chargent de vous rappeler que vos rires dus à la bière bon marché sonnent faux. Car c’est toujours la même histoire. La vie tourne en rond comme un vinyl en bout de course. Sur le trottoir, vous improvisez alors quelques pas de danse en entendant des titres comme « Archangel » et son côté r’n’b trafiqué ou sur le sublime « Raver » et ses percussions tribales, mais dans l’ensemble, on écoute ce disque comme un rêve éveillé. Quand vous êtes fatigué par les excès de la veille, un peu mélancolique mais pas forcément triste, retrouvant machinalement le chemin de la maison, sous la pluie fine du petit matin. Un matin comme les autres, à Londres

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