Bromheads Jacket – « Dits From The Commuter Belt »

Dits From The Commuter Belt[Album]
26/02/2007
(Marquis Cha Cha/Pias)

Tout le monde au bunker, l’Angleterre se réveille et quelques bombes rock pourraient bien nous tomber sur le coin de la gueule sans prévenir. Apparemment, de l’autre côté de la Manche, on en a bel et bien fini avec la pop qui a fait tout le patrimoine du pays, et ce revival rock que les têtes de liste du genre (Bloc Party notamment) commencent doucement à délaisser. Tout cela par la faute de jeunes pousses bien décidées à faire souffler un vent frais sur une scène qui avait tendance à s’empatter, y compris quand elle tentait de suivre le pas des Américains. Il y a un an, les Arctic Monkeys se lançaient dans la bataille avec un énorme succès à la clé, suivis en ce début d’année par les surprenants Klaxons et ces inconnus (chez nous) de Bromheads Jacket

Ceux-là, grâce à quelques Eps, ont bien vite mis dans leur poche un public Anglais, plutôt satisfait de voir les racines punks nationales remonter à la surface. Car dans l’esprit, c’est bien de cela dont il s’agit. Là ou les Arctic Monkeys étaient encore trop gentils et trop propres, Bromheads Jacket, dans le packaging de ce premier album comme dans sa production sans chichi et spontanée, se foutent bien d’arrondir les angles et balancent sans calculer une énergie post adolescente, impeccablement maîtrisée de surcroît. Disons le bien fort, avec des allures de disque autoproduit, « Dits From The Commuter Belt » est assurément, lui aussi, une des belles découvertes de cette année 2007

Pour preuve, la quantité de tubes qu’il renferme, bien protégée par une intro noisy laissant entrevoir qu’on ne va pas avoir affaire là à de la musique de salon. « What Ifs + Maybes », « Wooley Bridge », « One Nautical Mile », « He Likes Them Airbrushed », leurs rythmiques au taquet, leur basse qui déroule, et leurs guitares volontairement cradingues, rugueuses et brouillonnes desquelles s’échappent de temps à autres quelques riffs efficaces, s’écoutent plutôt dans un vieux bar enfumé où les fûts crachent leurs bières, que dans le salon de mémé qui tient à ses bibelots comme à la prunelle de ses yeux. Car Bromheads Jacket casse tout sur son passage, et n’accorde ici que deux véritables moments de répit avec deux ballades (« Poppy Bird » et le superbe « Rosey Lee ») permettant d’apprécier cet accent anglais à couper au couteau, élément rapprochant immanquablement le trio des Arctic Monkeys quand les similitudes ne sont pas également musicales (« Going Round To Have a Word » n’est-il pas leur « I Bet You Look Good On The Dancefloor » à eux?)

Mais les particularités de Bromheads Jacket ne s’arrêtent pas là. Si l’énergie sautillante et la fraicheur du groupe empêcheront quiconque de crier au plagiat, il enfonce le clou avec un chant posé à la manière d’un Mike Skinner (The Streets) avec qui il partage le goût des textes inspirés de la vie ouvrière anglaise. Ne passons pas par quatre chemins, « Dits From The Commuter Belt » n’est que trente minutes de bonheur purement rock n’roll. Les enfants de choeur d’Arctic Monkeys peuvent bien arriver avec leur deuxième album, la messe est déjà dite..

En écoute

1. What Ifs+Maybes     
2. Woolley Bridge     

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