Battles – « Mirrored »

Mirrored[Album]
14/05/2007
(Warp/Discograph)

Trois maxis sortis et récemment compilés pour faire une entrée remarquée chez Warp, et voici les new yorkais de Battles revenir à la charge avec un premier album qui s’est quand même pas mal fait attendre malgré des apparitions live phénoménales et salvatrices.Il faut dire que l’excitation de l’être humain, et encore plus du mélomane averti, devant une telle promesse d’imprévisibilité était difficilement supportable à l’approche de ce 14 mai 2007. En effet, prévoir quelque chose de Battles, entre ses deux parenthèses bien éloignée l’une de l’autre, va bien au-delà des compétences de la plus grande voyante de la place. Roi technique, prince inspiré, fou d’expérimentations à base d’electro, de jazz, de hardcore et de post rock, Battles nous emmène beaucoup plus loin qu’on aurait pu l’imaginer. « Mirrored » est la porte ouverte à tout sauf au n’importe quoi

Chez Battles, la jouer facile n’existe pas. Quand les choses paraissent trop simples, pour ne pas dire suffisament barrées, on les complique. Mais jamais au point d’en devenir inécoutable. C’est toute la force de ce premier album qui n’est qu’originalité mais vous transporte, vous captive du début à la fin. Ici, on superpose les rythmiques, les séquences, les sons, on détruit systématiquement ce que l’on vient de construire, on mélange, on pose les notes presque insolemment à un moment inopportun sans pour autant que cela choque. Car Battles ne se revendique aucune véritable influence. Au lieu de cela, les new yorkais ratissent et amassent à tout va la musique en général, comme pour prouver qu’elle n’est finalement pas un éternel recommencement

Manifestement, il est encore possible de l’emmener sur des terres inconnues, de la faire avancer, de créer, et ainsi d’accoucher d’albums de la trempe de ce « Mirrored ». À base de machines, claviers, guitare et batterie, Battles expérimente sans jamais plus que ce terme fasse fuir. C’est en tous les cas ce que démontre « Atlas », assez représentatif de l’album, et énorme premier single sans concession, à base de répétition (une science chez lui) et d’un chant totalement habité et addictif. C’est une des nouveautés de ce « Mirrored », avec une plus grande accessibilité, rythmique notamment. C’est ce que l’on remarque sur la première moitié surtout, dès le phénoménal « Race: In » d’ouverture, évolutif à souhait et sorte de table des matières, qui sonne comme le départ pour une guerre contre le formatage et les plagiats. Une mission qui se confirmera tout au long de l’album, sur les puissants et chargés « Ddiamond » et « Tij », le rythmiquement décroissant « Tonto », et le dansant « Leyendecker »

Battles use donc subtilement et à la perfection de cette schizophrénie qui le caractérise, balance un tracklisting qui, à l’image des plus barrés « Rainbow » et « Snare Hangar », ne peut que souligner toute l’expérience de ses musiciens. « Mirrored » ne regarde pas derrière, ne sonne comme aucun autre disque (y compris de Battles lui-même), mais permet au contraire de se projeter dans un temps que nous ne vivrons peut-être jamais…deux fois

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