Avi Buffalo – ‘At Best Cuckhold’

Album / Sub Pop / 08.09.2014
Pop

En 2010, c’est en jeune compositeur de 19 ans, déjà désarmant d’assurance et de talent, pour ne pas dire génie pop en devenir, que déboulait Avigdor Zahner-Isenberg avec, sous le bras, un premier album éponyme d’Avi Buffalo dont il portait lui-même toute la responsabilité de la composition. Sans qu’il en prenne forcément conscience tout de suite, le californien s’ouvrait alors une porte vers le succès, convainquant non seulement les médias musicaux les plus influents, mais aussi les festivals européens les plus prestigieux, tous des plus impatients d’entendre quelle suite il allait donner à sa musique. Signe de maturité, le jeune homme ne s’est pas précipité pour autant, évitant ainsi le piège du deuxième album si vite composé qu’il finit généralement par accumuler les déceptions.

Vous l’aurez compris, ce bougre d’Avigdor signe donc ici un ‘At Best Cuckhold’ tenant toutes les promesses annoncées par un prédécesseur qui ne brillait (beaucoup) que par à-coups. Fort d’une solide homogénéité, cette nouvelle salve l’égale par moments (‘So What’), le surclasse le plus souvent, et illustre non seulement ses progrès en termes de composition, mais aussi la plus forte osmose qui règne entre lui et ses musiciens. Car, si chacune des idées éclatantes qui ornent ce disque sont les siennes, le groupe n’est évidemment pas pour rien dans la grande qualité affichée par ces dix ballades mises tout au service d’une pop raffinée, mélodique, sensible, frappée d’une orchestration plus riche en accueillant cette fois piano et cuivres (‘Overwhelmed With Pride’, ‘She Is Seventeen’).

Sur son petit nuage, et à l’instar de groupes comme Woods avec lequel il flirte parfois (‘Think It’s Gonna Happen Again’), Avi Buffalo décline alors tout le charme d’un genre intemporel et classique, au sein duquel il trouve encore le moyen de dessiner son propre territoire. A ce titre, il peut compter sur l’encre versée par les quelques perles que sont l’inspiré ‘Memories Of You’, le mélo-mélancolique ‘Can’t Be Too Responsible’, le profond ‘Found Blind’, ou l’émouvant ‘Oxygen Tank’. Autant d’éclats traçant le chemin parcouru par un petit poucet de la pop qui, à la vitesse à laquelle il avance, n’aura jamais à faire marche arrière. Une confirmation aussi belle que rare.

‘Memories Of You’, ‘Can’t Be Too Responsible’, ‘Think It’s Gonna Happen Again’, ‘Oxygen Tank’

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