Antemasque – ‘Antemasque’

Album / Autoproduit / 14.07.2014
Psyché-prog punk

Entre le manque d’envie à peine dissimulé lors de la reformation d’At The Drive In et la fin de Mars Volta sur fond de sérieux désaccord, on n’imaginait pas Cedric Bixler et Omar Rodriguez Lopez évoluer ensemble de sitôt. Il semblerait pourtant que les deux, aussi complémentaires soient-ils, aient finalement réalisé qu’ils ne concevaient pas la musique l’un sans l’autre. Inséparable depuis maintenant dix-sept ans si on écarte les quelques projets mort-nés à la suite du split de chacune de leurs aventures communes, le duo est de retour avec Antemasque, sorte de all star band qu’il forme en compagnie du bassiste Flea (Red Hot Chili Peppers) – en studio uniquement – et Dave Elitch (ex batteur de Mars Volta).

Après quelques Eps pour le moins prometteurs, le quatuor en arrive logiquement au stade d’un premier album très attendu, qui devrait ravir les nostalgiques de At The Drive In, comme ceux qui avait abandonné un Mars Volta de plus en plus perdu dans ses compositions alambiquées. Nettement plus canalisé que les premiers, moins prétentieux que les seconds, Antemasque est donc ni plus ni moins que le parfait condensé de ces deux expériences, et affiche comme une volonté de revenir à un rock efficace, mélodique, fédérateur, surtout beaucoup moins cérébral. Ce qui ne signifie pas que les quatre ont laissé de côté l’exigence qui a toujours fait des groupes dans lesquels ils ont joué des formations incontournables. Simples en apparence tant ils sont spontanés, les dix titres de ce premier album – partagés entre punk frontal et prog-psyché (‘Providence’) – reposent pourtant sur une solide technique qui, ici, trouve une osmose collective des plus convaincantes.

La preuve sur quelques tubes qui, sous l’énergie dégagée et les vocalises mélodiques de Bixler (‘I Got No Remorse’, ‘Ride Like The Devil’s Son’, ’50 000 Kilowatts’), amènent à sous estimer l’incroyable travail guitaristique de Omar Rodriguez Lopez, et cachent de véritables pépites rythmiques (‘In The Lurch’, ‘Momento Mori’), comme de subtils changements de tempo (‘People Forget’). Avec des hymnes aussi imparables que ces quelques suscités dont l’interprétation suinte le plaisir par tous les pores, difficile d’imaginer Antemasque se résumer à un simple passe-temps pour ses protagonistes. On assiste peut être là à l’éclosion d’un (autre) grand groupe, et avec lui à une première naissance parmi les plus essentielles de l’année 2014.

‘Ride Like The Devil’s Son’, ‘In The Lurch’, ’50 000 Kilowatts’, ‘People Forget’

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