I’m From Barcelona – ‘Growing Up Is For Trees’

Album / Warner / 30.03.2015
Chorale pop

Un nouvel album de I’m From Barcelona, c’est un peu comme regarder un match de foot à la télévision, en sirotant une bière bien fraîche: c’est une occasion comme une autre de se vider la tête, de mettre un temps son cerveau de côté, et d’apprécier passivement en sachant que – de toute manière – l’issue ne changera pas la face du monde. D’autant plus que, chez les Suédois, le scénario est le même depuis 2005 et ce premier album pour lequel Emanuel Lundgren a réuni une quinzaine de potes dans le but de former le plus grand groupe du pays, un collectif capable de faire briller de mille feux ses inspirations mélodiques. Portée depuis toujours par le tube ‘We’re From Barcelona’, la joyeuse troupe n’a jamais tenté de changer la donne, se cantonnant sans cesse à une pop estivale boulonnée dans ce qu’elle a de plus classique, fidèle à des paroles ras les pâquerettes. Pourtant, à chaque album, la formule fonctionne, diffuse généreusement une bonne humeur communicative, un air de fête soufflé par des mélodies que l’auditeur capte et intègre dès les premières notes de chacun des morceaux.

Sauvé de la banalité par sa forme plus que par son fond, par des harmonies ultimes rendues possibles par le nombre d’intervenants (seize ici), I’m From Barcelona déconcerte une nouvelle fois sur ‘Growing Up Is For Trees’ par sa facilité à faire mouche tout en restant fidèle à l’approche la plus simple jamais permise par le genre pop. Le temps de dix titres, les suédois peignent encore ici un paradis ou il fait toujours beau, ou l’amour de son prochain règne sans relâche. Convaincus et séduits par leurs chorales ou brille la mixité (‘Violins’, ‘Gotta Come Down’), leurs mélodies d’une évidence insolente (‘Not Just Anything’, ‘Sirens’, ‘Benjamin’), cette énergie débordante de ceux qui ont le temps de dormir douze heures par nuit (‘Lucy’), on y croit forcément. En tous cas, jusqu’à la fin de l’album qui, en préférant la mélancolie à la mélodie, et des ambiances de fin de soirée (‘Departure’, ‘Summer Skies’), nous ramène à la réalité d’un monde un peu moins rose, et rend le choc moins rude.

‘Violins’, ‘Gotta Come Down’, ‘Not Just Anything’, ‘Sirens’

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