Idles – ‘Joy as an Act of Resistance’

Idles – ‘Joy as an Act of Resistance’

Album / Partisan / 31.08.2018
Punk brutaliste


L’histoire, tout le monde la connaît. Décembre 1955, au fin fond d’un bus de l’Alabama, Rosa Parks refuse de céder le siège qu’elle occupe à un passager blanc. Le fait aurait pu en rester là si l’Amérique n’était pas régie par des lois ségrégationnistes. Le geste, passif, est fort et fait scandale, élément déclencheur d’un combat plus global, celui des droits civiques.

Rester assis. L’acte semble anecdotique, il devient pourtant le levier d’une résistance nationale. Les témoignages se succèdent, les médias relayent, la rébellion s’organise. Rester assis, engager la résistance, c’est donc ce que proposent Idles, la bande la plus joyeusement vénère d’Angleterre, avec ce second disque : et si la joie, aussi anodine qu’elle puisse paraître, pouvait constituer un acte de désobéissance civile ?

Dans une rhétorique protestataire que Thoreau n’aurait pas reniée, Joy As An Act Of Resistance oppose une résistance farouche à la société, à ses maux et travers qui infusent les nouvelles quotidiennes comme l’immigration (Danny Nedelko) ou la masculinité. À notre manière de les raconter aussi. La pop culture est omniprésente, toujours tournée en dérision cela dit, toujours beuglée avec force et fracas. On entend Lee Hazlewood ici (Never Fight A Man With A Perm), Katy Perry là (Samaritans), on mate Michael Keaton ou Dirty Dancing. Un grand méli-mélo livré avec la rage au ventre et les guitares qui crissent.

La structure des titres reste minimale. C’était déjà le cas sur Brutalism. Quatre murs de béton, un cri, le sentiment d’urgence et l’autodérision qui s’immiscent, l’air de rien ; la bonne recette Idles, quoi. La batterie galope, le chant est fruste mais la rage au ventre est intacte. La joie n’a pas la tronche de l’emploi comme ça, c’est néanmoins le discipline d’une vie plus heureuse en communauté, d’individus plus justes. Une résistance en soi, il suffit d’observer dehors.

Les effluves de bastonnade se font sentir dès les premières notes de Colossus et tout est question de mater ce petit monde sur les onze morceaux suivants. Dès lors, on sait que le combo anglais va mettre en joue quiconque se sera approché trop près. Parce que personne n’est prêt. Les cinq lascars d’Idles sont là pour en découdre et chamailler les esprits, c’est qu’ils ne sont pas venus pour enlever le lard des saucisses. Ecouter, c’est résister.

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A ECOUTER EN PRIORITE
Cry To Me, Never Fight A Man With A Perm, Television, Rottweiler


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