Idem – « The Sixth Aspiration Museum Overview »

The Sixth Aspiration Museum Overview[Album]
06/10/2008
(Jarring Effects/Discograph)

Pas facile d’écrire une chronique sur un nouvel album de Idem. Parce que sur le papier, on pourrait avoir l’impression que rien ne change vraiment. Le titre de l’album sort encore d’on ne sait où. On recroise les mêmes invités au micro (Loon de Aiwa, Fab Nau de Boutique Du Tao, Julie Bornikov et bien sûr la voix angoissante de Isabelle « Pitch » Ortoli qui a même officiellement intégré le line-up), les ambiances oscillent toujours entre dub et noise, le son est toujours aussi énorme et immédiatement reconnaissable, et c’est toujours aussi bien. Bon, l’essentiel est là, me direz-vous, mais ça fait un peu maigrichon pour une chronique digne de ce nom.

Ce sixième disque confirme quand même ce que les derniers concerts du groupe laissaient présager. On sent que le propos s’est un peu simplifié rythmiquement, il est désormais presque possible de danser sur certains titres (cf. « The Mermaid Song », « Biesy »…). Et qui connaît Idem depuis ses débuts sait qu’il s’agit là d’une mini-révolution. Le groupe accorde également une place de plus en plus significative à la voix. Celle-ci n’est plus juste un instrument supplémentaire noyé dans l’atmosphère générale. Après s’être essayé au hip hop avec les MC’s de Nouvel R sur le précédent opus, les Nantais semblent avoir découvert d’infinies nouvelles possibilités de ce côté-là. Ils n’ont aujourd’hui plus peur d’écrire une vraie chanson. Le chant de Fab Nau sur « Presque Jour » est par exemple quasi pop, ce qui n’empêche pas pour autant le morceau de sonner comme un classique de Idem. C’est à ce genre de petit détail qu’on voit l’évolution d’un groupe. Ne plus se réfugier derrière une complexité de peur de ne pas réussir à toucher les gens

Et on touche là la quintessence des travaux d’Idem: l’émotion. Malgré la teneur glaciale et sombre de leur musique, il faudrait être vraiment insensible pour ne pas sentir un frisson vous traverser aux premières notes de ces montées fantomatiques. Mais les Nantais composent leur musique comme Enki Bilal dessine ses planches ou David Lynch réalise ses films: en soignant tous les détails jusqu’à ce vous en oubliez pourquoi vous aimez. Du coup, impossible de savoir si c’est la voix sépulcrale de Pitch, les rythmiques schizophrènes ou les murs de guitares qui s’érigent soudainement devant vous qui vous plongent dans cette torpeur délicieuse

« The Sixth Aspiration Museum Overview » sort (j’aurais envie de dire « enfin ») sur Jarring Effects. Et c’est très certainement un des meilleurs disques du catalogue du label lyonnais à ce jour. Si vous voulez pas que je rajoute ma crise à toutes celles du moment (du disque, du pouvoir d’achat, financière, etc.), procurez-vous donc cet album d’urgence

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