Idem – « The Good Side Of The Rain »

idem180Album
(Yotanka)
07/11/2011
Dub indus

Il serait injuste de cantonner Idem à la fourmillante scène dub hexagonale. D’une parce que l’étiquette serait trop réductrice au regard de sa musique, de deux parce qu’elle induirait en erreur un public peut être désormais lassé par les nombreux acteurs du genre que les nantais ont longtemps côtoyé. Reste qu’on ne se refait pas et que, même si l’assaisonnement est varié, la recette de base est une nouvelle fois la même quand il s’agit de décortiquer « Good Side Of The Rain », le nouvel opus que le combo s’apprête à défendre sur les routes de France et de Navarre, là seulement ou ses larges ailes ont encore assez d’espace pour battre.

Dans la lignée de « The Sixth Aspiration Museum Oveview« , Idem creuse plus qu’il n’élargit, use la foreuse plutôt que le râteau pour s’en aller puiser dans ses plus noires profondeurs, afin d’en extraire toute son âme et faire remonter à la surface tout son capital émotion (« Market Return »). Ici, à l’image de l’entame instrumentale « Privilege Class », le combo joue simple, avance progressivement, monte doucement en intensité, pour atteindre une efficacité maximum à défaut de décrocher la timbale dorée de l’originalité. D’ailleurs, plus que jamais, les premières mesures de « Locked In Syndrom », interprété par la voix androgyne de la toujours présente diva gothique Isabelle Ortoli, rappellent la belle connivence entre Zenzile et Jamika. Jusqu’à ce que le morceau parte et qu’Idem laisse jaillir un de ses atouts majeurs: la précision et la justesse générale d’une rythmique qui, remontée comme délicate (« Torture’s Real »), s’empare des compositions jusqu’à forcer la demoiselle – souvent à son aise (« The Good Side Of The Rain »), parfois envahissante quand on ne souhaiterait que l’instrumental (« A Dust In Peace ») – à la mettre en veilleuse.

Un bien pour un mal puisque, au delà d’une surprenante variété d’influences ne remettant jamais en cause la cohérence de l’opus (« Work In Progress » feat Ben Sharpa rappelle que le groupe fut un temps un larron de Jarring Effects), c’est en elle qu’Idem puise en grande partie sa personnalité au sein d’un environnement musical dont on croyait qu’il avait déjà révélé tout son potentiel. Certes, comme à chacun des albums des nantais, ca ne saute pas tout de suite aux oreilles. Mais à y venir et à y retourner, en prenant conscience du pouvoir de certaines compositions (« Wings Of Joy »), il devient évident que la force d’Idem se répand comme une tâche d’huile jusqu’à recouvrir totalement un terrain de jeu qui n’appartient qu’à lui. Jamais au delà cependant, sûrement parce qu’il a encore trop de respect pour les voisins.

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