Hudson Mohawke – ‘Lantern’

Album / Warp / 16.06.2015
Electrotrapshit

Où ranger Hudson Mohawke? Dans un dossier secret EDM que vous gardez bien au chaud sur votre ordinateur pour vos soirées entre bro’? Dans la petite cour des producteurs de talent gravitant autour des grands noms de la pop? Dans la basse-cour des têtes à claques avides de ‘gros son’ et de ‘drops qui claquent’? Sûrement un peu dans tout ça à la fois même si, avec ce deuxième album, on sent bien que, en ajoutant de la nuance et de nouveau traits à sa feuille de route, Ross Birchard aspire à obscurcir le tableau simpliste que l’on peut dresser de lui. Si chacun des tubes de Hudson Mohawke est axé sur de grosses turbines façon jeux du cirque, c’est donc un nouveau but qu’il vise tout au long de ‘Lantern’.

Par le biais de featurings surprenants (Irfane, Antony…), il espère un décalage, une étincelle inattendue qui jaillirait entre lyrisme pop d’un coté et, de l’autre, les cuivres synthétiques et autres percussions martiales qui ont fait sa patte. Mais tuons le suspense: cet album est un fiasco. Bordélique, dépourvu de la moindre véritable idée, ‘Lantern’ semble s’être dessiné dans une confusion totale, sans la moindre considération pour les oreilles des auditeurs chargés de se dépêtrer de cet épouvantable bordel. Hormis Miguel qui parvient à tirer son épingle du jeu, les autres collaborateurs se vautrent en beauté, essayant en vain d’apporter une autre vision à ces productions qui, à l’évidence, ne leur laissent aucune place.

Pourtant, on sent que le jeune écossais a essayé de complexifier son propos, lui donnant des accents soul sur ‘Ryderz’, ou en se frottant à des ambiances plus dystopiques avec ‘Lil Djembe’. Seulement, même là, rien n’y fait: on reste spectateur de ce fade témoignage ou tous les sons s’adonnent à une démonstration de force, et finissent tous marqués par le sceau de la laideur. A tel point qu’on en viendrait presque à regretter un bon gros drop des familles, pour vous donner une idée du niveau de la purge endurée ici.

‘Kettles’, ‘Deepspace’, ‘Portrait of Luci’

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