Hudson Mohawke – « Butter »

hudson180Album
(Warp)
26/10/2009
Electro

C’est l’inconvénient des découvertes musicales inattendues: elles vous scotchent littéralement les écoutilles et provoquent une impatience décuplée d’entendre la suite. C’est ce qui s’est passé à l’époque de la sortie de « Polyfolk Dance« , premier Ep de Hudson Mohawke qui dévoilait tous les talents de ce jeune producteur britannique, fondu de hip hop avant d’intégrer la scène électronique. On y voyait pointer la digne descendance d’un Prefuse 73 essoufflé, comme la résurrection du regretté J-Dilla: des références qui promettaient beaucoup. L’heure des réponses a donc sonné avec l’arrivée de « Butter », le premier opus d’un Hudson Mohawke qui semble avoir pris le parti de nous prendre tous à contre pied. N’allez pas y chercher les équivalents de « Monde », « Polkadot Blues », et « Overnight », le jeune surdoué ayant apparemment considérablement évolué depuis. C’est d’ailleurs le penchant le plus complexe de son travail qu’il a approfondi pour mettre au monde ces dix huit nouveaux titres, parmi lesquels on retrouve « Velvet Peel ». Et malgré son jeune âge, le moins que l’on puisse dire est que Hudson Mohawke a bel et bien trouvé sa place dans ce triangle d’or délimité par l’électronique, la pop et le hip hop, en optant pour un son très particulier, pas toujours accessible au plus grand monde, mais qui a au moins le mérite de lui attribuer une réelle personnalité. Logiciels, machines et instruments lui servent de matière première avant qu’il ne les soumettent à un traitement de choc pour venir marcher sur les plates bandes de ses ainés suscités, mais aussi de Prince et Outkast par l’utilisation souvent abusive de synthés eighties (« Joy Fantastic », « Just Decided »), garants à eux seuls de la teneur mélodique (« No One Could Ever », le très bon « FUSE »), mais malheureusement trop récurrents d’un titre à l’autre (« Rising 5″, « Gluetooth », « Trykk »). Du coup, « Butter » revêt une allure très superficielle, manque souvent de profondeur, à l’exception des quelques titres (« ZOo00OOm », « Fruit Touch ») ou des basses généreuses viennent colmater les innombrables idées que Mohawke tente de rassembler en un titre. De ce fait, l’album tient parfois plus de la performance que du confort d’écoute, chose qui ne déstabilisera pas forcément les accrocs du label anglais, habitués à ce genre de traitement. Mais, aux vues de ce qu’il démontre ici (« Tell Me What You Want From Me », « Allhot », bien que tous deux très différents), l’avenir pourrait aussi bien voir ce petit génie s’aventurer au delà, sur le terrain beaucoup plus commercial du RnB pour lequel il aura bientôt les épaules assez larges. En attendant, Hudson Mohawke doit encore gagner en maturité, trier ses idées, pour parvenir à une musique électronique infiniment plus digeste. Mais l’avenir est aussi ici, sans contestation possible.

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