Housemeister – « Music Is Awesome! »

house180Album
(Boys Noize Records)
30/05/2011
Electro

Une chose est sûre: Housemeister ne sera jamais choisi pour composer la B.O. du prochain Walt Disney. Pile poil trois ans après le disque-consécration « Who Is That Noise? », l’allemand revient chez Boys Noize Records avec un troisième album pollué de mélodies caloriques et d’arrangements riches en cholestérol. Pas du tout cohérent avec son look de branleur hip-hop, Martin Böhm préfère l’électro rondouillarde et la techno déjantée, un exercice qu’il maîtrise au point de devenir indispensable dans les plus grands festivals electro allemands et européens. Ici le message est clair, nul besoin d’analyse poussée pour comprendre le titre: « Music Is Awesome », un crédo fidèle à son style de vie enchaînant les prestations live, les DJ sets, remixes et maxis sans jamais dormir. Derrière une introduction quatrième dimension, « Hirschkeule » dégueule alors d’arrangements salement acides, issus des instruments insolites qui remplissent son studio-musée. Cet amoureux des sons analogiques semble ne se poser aucune question en produisant ses morceaux avec ou sans sa PSP, et trouve parfois son salut dans la spontanéité, comme sur le punchy « Twister » produit en trois heures lors d’une live-session. La froideur typée Kraftwerk du morceau éponyme est ensevelie par une ligne de basse carnivore, de la même manière que sur « Rapide » qui rappelle les disques du label Gigolo dans sa période la moins fine. « Reality Sucks », un interlude breakbeat qui reprend une conversation mail parlant d’une journée de merde à la fac, est un morceau de remplissage qui témoigne de son sens de l’humour sur-développé. Entre 8-bits et nu-disco, « Sommer » a été enregistré en caleçon un jour de canicule, d’où son côté estival! Sans pour autant atteindre les sommets de l’album précédent, Housemeister frappe donc fort avec des morceaux tels que l’allumé « Ady Gil », ou en invitant Boys Noize qui lui prête ses kicks caractéristiques dans une turbine qui ressemble à un « Rollin’ & Scratchin' » de série B (« nBAXX »). Aussi, il fait appel au vétéran Jan Driver pour le mastering de « Schnee Von Gestern » du coup affublé d’un groove authentique et débraillé, au milieu d’un disque éloigné des productions techno contemporaines léchées, propres sur elles, formatées, et souvent chiantes. Alors maudissons ensemble le jour ou le dirty boy Housemeister se lavera les mains.

En écoute



Disponible sur
itunes24

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