Hot Water Music – « Exister »

hwm180Album
(Rise)
14/05/2012
Punk hardcore

Il y a les reformations qui sentent le fric à plein nez, d’autres rendues fragiles par un trop grand opportunisme qui se dépêchent de rapidement sortir un nouvel album avant que le vent tourne. On ne pourra pas dire que celle de Hot Water Music appartienne à ces deux catégories. En effet, annoncée en 2008 quand le groupe a décidé de remonter sur scène, cette résurrection a désormais perdu le caractère presque miraculeux qui l’entourait au lendemain de diverses routes prises en solo avec assez de brio pour qu’elles ne se transforment pas en impasse. Car avec Chuck Ragan les deux pieds dans un folk countrisant, Chris Wollard en solo comme avec les excellent The Draft, et Rebelo parti prendre possession des fûts d’Against Me, bien malin était celui qui aurait pu prédire le grand retour de Hot Water Music, acteur incontournable du punk hardcore des années 90.

Les souhaits les plus forts sont donc devenus réalité avec « Exister », le huitième album studio d’un groupe qui a plusieurs fois montré par le passé sa capacité à se remettre en question. On aurait donc pu tout en attendre si le Ep « The Fire, The Steel, The Tread » n’était pas sorti l’an passé avec, à son bord, tous les vieux réflexes en grande partie retrouvés. Tout au long de ces treize nouvelles compositions, le constat est le même: Hot Water Music n’a rien perdu qui puisse décevoir le moindre de ses fans (« Drag My Body », « Exister »), faisant de ce nouvel opus une pièce digne de son entière discographie. L’entame « Mainline » – baignée d’efficacité par ses mélodies, ses choeurs et la voix magnifiquement éraillée de Ragan – ne se prive d’ailleurs pas de remettre illico les pendules à l’heure.

Pour autant, et bien qu’il tente à plusieurs reprises d’innover, « Exister » ne trônera pas tout en haut d’une liste d’albums désormais longue comme le bras. La faute à une production confiée à Bill Stevenson, pas le plus à même pour offrir le maximum de grain aux guitares, et à la légère frustration qui règne ici de ne pas entendre les hymnes et les refrains incroyables dont le groupe était capable sur ses derniers méfaits. En effet, plutôt que les « Safety », « Take No Prisoners », et « Pledge Wore Thin » en demi-teinte, presque sacrifiés au prix de la facilité qu’il affiche tout au long du disque, on aurait préféré se faire resservir un peu des « Paper Thin », « Trusty Chords », « Wayfarer », « Poison » et « The End Of The Line », dont on se rapproche doucement ici avec « State Of Grace », « Drown In It », et « The Traps ». Certes, l’intérêt pour un groupe est d’avancer, de ne pas se renouveler: mais après huit ans de privation, c’est avec cela qu’on rêvait de renouer avant tout. Pour mieux remettre le reste à plus tard tant « Exister » reste plein de promesses.

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