Hot Sugar – « Moon Money »

hot180Mini album
(Ninja Tune)
14/05/2012
Bass music mélodique

Comme Hot Sugar, ils sont quelques-uns à nous avoir sur-vendus leur technique avant qu’on puisse jeter une oreille sur le rendu. Au final, peu se sont pourtant révélés convaincants: souvent perdus dans leur concept, les producteurs en ont trop souvent oublié de rester efficaces, de soigner la mélodie et l’accessibilité de leur musique. Ces dernières années, un seul y est vraiment arrivé: sur « Foley Room » pour lequel il était parti à travers l’Amérique du Nord en quête de matière première, armé de son matériel d’enregistrement, Amon Tobin – pourtant souvent accusé de privilégier la performance – était magnifiquement parvenu à faire cohabiter efficacité et démarche de production alambiquée. Avec « Moon Money », mini album qui l’invite chez Ninja Tune et qui fait suite à un « Muscle Milk » paru l’an passé, Hot Sugar lui emboite donc dignement le pas, partageant avec lui une manière plutôt originale de marquer sa différence au sein de la nuée de producteurs actuels.

En effet, pour le new yorkais Nick Koenig, auteur notamment du titre d’ouverture du récent « Undun » de The Roots, tout est bon pour donner corps à sa musique hésitant majoritairement entre downtempo synthétique et bass music. Ainsi, sans jamais qu’on s’en aperçoive le temps de ces neuf titres, on entend des rythmiques issues notamment de caisses claires faites d’os humains ou du rythme cardiaque amplifié d’un rat. Des exemples parmi d’autres qui pourraient effrayer mais qui, finalement, se noient subtilement dans une oeuvre rendue humble et accessible par des mélodies lumineuses (« Everybody’s Parents Will Die »), faciles au point de pouvoir parfois être sifflées (« The Kid Who Drowned At Summer Camp », « Addictions »), pourtant elles aussi tirées de sources pour le moins originales: la respiration d’un vieillard, l’enregistrement d’un ouragan, un rat en vadrouille sur un piano. Une technique baptisée « musique associative » par le principal intéressé, qui s’est rarement révélée aussi intéressante sur le fond que sur la forme (« #Mindcontrol »). Ninja Tune a donc peut être trouvé en Hot Sugar l’équilibre qui lui manquait, perdu qu’il était ces derniers temps entre productions downtempo demi-molles et expérimentations saluées mais rapidement indigestes. L’avenir nous le dira, rapidement de préférence.

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