Hookworms – ‘Microshift’

Hookworms – ‘Microshift’

Album / Domino / 02.02.2018
Kraut psyché à paillettes


Grâce aux coups assénés par chacun de ses trois premiers albums, Hookworms s’est rapidement imposé comme une des figures les plus prometteuses du rock britannique. Piochant à la fois dans le noise rock, le krautrock et le psyché, rien ne semblait pouvoir stopper son incroyable ascension. C’était sans compter sur la force des éléments naturels, comme au lendemain de Noël 2015 lorsque le cru de la rivière toute proche a littéralement inondé et détruit le studio du groupe. Loin de se laisser abattre, le quintet de Leeds s’est retroussé les manches, a fait appel à ses fans pour redonner vie au lieu, et ouvrir un nouveau chapitre de sa carrière, synonyme de multiples changements, tous perceptibles au sein de Microshift.

Quitte à dépayser, Hookworms a refusé le catastrophisme et l’obscurité qu’on lui aurait trop facilement prêté. Comme libérés et euphoriques, les anglais troquent plutôt leurs éternelles extensions krautrock pour des mélodies plus légères, ouvrent leur cercle jusque là fermé aux collaborateurs (Christopher Duffin au saxophone, Alice Merida Richards au chant, Richard Formby au synthé), sans jamais vraiment délaisser leur puissance qu’ils enrichissent ici de nouvelles sonorités, héritées de leurs expériences parallèles dans la musique électronique.

Malgré quelques thèmes existentiels récurrents chez lui et encore présents ici, tout n’est donc plus complètement noir chez Hookworms, plus que jamais attentif aux contrastes. La tension s’y fait moins sentir, la vraie nature des sentiments reprend le dessus, et surtout on danse, à l’image de Negative Space affichant dès l’entame une accessibilité inédite rappelant la transe disco communicative de LCD Soundsystem. Dès lors, on assiste à l’éclosion d’un groupe qui s’assume désormais pleinement à en croire un chant généralement plus perceptible, et qui s’applique à regarder devant sans occulter le passé.

Pour preuves, les entraînantes cavalcades motoriques – même les plus étouffantes (Boxing Day) – s’accaparent sans mal le vernis de ce disque (Static Resistance, Ullswater, Opener) cachant finalement peu de misère, si ce n’est quelques titres mollassons, très utiles malgré tout pour la bonne digestion de l’album (The Soft Season, Each Time We Pass, Reunion). Pour autant, rien qui ne vienne ternir le début de cette nouvelle vie bordée de sensibilité pop, cette nouvelle dynamique bien plus salutaire que si Hookworms s’était contenté de stagner dans sa petite zone de confort. Une prise de risque manifestement bénéfique.

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Negative Space, Static Resistance, Ullswater, Shortcomings


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