Herman Dune – « Next Year In Zion »

Next Year In Zion[Album]
08/09/2008
(Source Etc/EMI)

S’il a toujours été assez difficile de suivre les pérégrinations des frères Herman Dune, on ne prendrait pas trop de risques en clamant que « Giant », premier album en major qui succédait à l’excellent « Not On Top », allait changer bien des choses pour ces musiciens franco-suédois. Dans le son déjà, leur registre optant soudainement pour des titres plus lumineux, plus ouvertement basés sur les percussions, avec de nouvelles et surprenantes sonorités venues facilement enrichir un folk de grande classe, qu’elles soient jazzy, groovy, ou même mariachis et klezmer. Mais, dans le line up aussi puisqu’André, s’estimant mieux loti en indépendant, préférera alors se consacrer à sa carrière solo sous le nom de Stanley Brinks, laisser le navire Herman Dune aux seules mains de son frère David-Ivar (toujours accompagné du batteur et percussioniste Neman), et à son public les interrogations multiples et fondées sur la tournure des prochains évènements, dont ce « Next Year In Zion »

Pas d’inquiétude, c’est le meilleur Herman Dune de « Giant » qu’on retrouve tout au long de cette douzaine de titres très proches des « I Wish That I Could See You Soon » et « Your Name/My Game » de 2006. La place désormais vide d’André est parfois occupée par le percussionniste Lori Schonberg (Berg Sans Nipple), mais aussi par quelques invités de poids, comme le guitariste David Tattersall (The Wave Pictures), les cuivres de The Jon Natchez Bourbon Horns (Beirut, Arcade Fire), les choeurs de The Babyskins, et le bassiste Ben Pleng. Tous contribuent à placer ce « Next Year In Zion » sur la même voie que son prédécesseur, ou l’on retrouve la production léchée, les percussions omniprésentes (« When The Sun Rose Up This Morning ») mais aussi les couleurs Yiddish, mariachis et même calypso (« Next Year In Zion », « Baby Baby You Are My Baby »). À tel point que l’oreille distraite pourrait aisément y voir le fruit d’une seule et même session d’enregistrement

Les nostalgiques n’auront donc pas droit à un retour au lo-fi des débuts, mais bien à une majorité de tubes, faciles en apparence, mais incroyablement efficaces et touchants. Parmi eux, le cuivré « My Home Is Nowhere Without You » se retient immédiatement et possède tout d’un marching band folk festif, « Try To Think About Me » et « Someone Knows Better Than Me » laisse simplement couler leur douce et belle mélodie. Mais tous soulignent aussi le talent d’écriture de David-Ivar, racontent ces jolies histoires chantées dans un Anglais compréhensible, parfois légères (« On a Saturday »), intimes et bouleversantes (« My Baby Is Afraid Of Sharks »), d’autres fois portées par des thèmes comme l’amour, la solitude ou la trahison, quelque peu paradoxaux à entendre le contexte musical dans lequel ils évoluent (« My Best Kiss », « Next Year In Zion »)

À l’heure ou pas mal d’albums s’appliquent seulement sur deux ou trois titres assez forts pour cacher la misère et le manque d’intérêt, Herman Dune, plus mature et solide que jamais, offre là un nouvel album d’une cohérence rassurante, ou chaque morceau s’impose comme une pierre angulaire du tout, au fil des écoutes qui le découvrent progressivement. Au point même que les quatre titres bonus, contenus dans l’édition limitée accompagnée d’un livret de 32 pages, n’en sont pas privés. Un constat trop rare qui se doit d’être souligné, doublement de surcroît

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