Helmet – « Seeing Eye Dog »

hel180Album
(Work Song)
06/09/2010
Rock

Pour qui baigne dans le rock depuis son adolescence, Helmet reste un des rares groupes dont la discographie pourrait s’apparenter au jeu du point à point: les albums reliés les uns aux autres dessinant peu à peu sa vie. « Meantime », « Betty », « Aftertaste »… Tous ces disques qu’on écoutait en boucle à une époque dénuée de soucis. Sous le poids de la maturité et des responsabilités qui vont avec, les temps ont bien changé, y compris pour Page Hamilton et sa bande qui, depuis une poignée d’années maintenant, marchent sur un fil quand il s’agit de tenir la cadence. « Size Matters » et « Monochrome » n’étaient pourtant pas de mauvais albums – loin de là – mais soulignaient déjà comme un essoufflement, le même qu’on espérait ne pas voir se concrétiser définitivement avec la sortie de ce « Seeing Eye Dog » prévu initialement avant l’été. Une nouvelle fois marqué par un line up changé, ce septième disque ne traine pas la patte, mais risque néanmoins d’en déconcerter quelques-uns tant il revêt délibérément de nouvelles couleurs: celles du cinéma notamment pour lequel Hamilton compose depuis plus de quinze ans, mais aussi d’autres plus que jamais mélodiques qui vont jusqu’à le faire marcher sur les plate bandes de Foo Fighters (le refrain de « In Person »). Ces nouvelles règles établies, si certaines tentatives s’avèrent fructueuses, d’autres laissent plutôt pantois et poussent l’auditeur dans le ventre mou de ce disque. Là ou les violons de « L.A. Water », le tout instrumental « Morphing », la reprise « And Your Bird Can Sing » des Beatles vont feraient même regretter de ne pas avoir amené vos bottes. Mais rassurez vous cependant, « Seeing Eye Dog » n’est pas que cela, et affiche encore quelques bons restes, assez pour valoir le détour. Car Helmet ne se refait pas, empoigne toujours solidement les guitares, balance sèchement les riffs, déroule toute l’énergie qu’on venait chercher ici, sans oublier l’accroche, et incarne le tout au sein de parpaings rock dont il connait maintenant par coeur la composition (« So Long », « Welcome To Algiers », « White City »). Le genre de traitement de faveur auquel on a régulièrement droit de sa part, ici avec une légère variante qui se justifie autant qu’elle ne gâche en rien la fête. Discographie complétée. Suivant.

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