Helmet – ‘Dead To The World’

Helmet – ‘Dead To The World’

Album / Sonic Tours / 28.10.2016
Heavy rock

A désormais 56 piges, voilà bientôt trente ans que le capitaine Hamilton se dresse à l’avant de son navire, imperturbable malgré les tempêtes traversées, et les quelques années passées à quai. Entouré d’un crew en constante rotation depuis que Helmet a décidé de reprendre le large en 2004 pour la sortie de ‘Size Matters‘, le natif de l’Oregon aura de tout temps fait partie du panorama rock métal, et ainsi influencé bon nombre de musiciens, de ses débuts au sein de l’écurie Noise Amphetamine Reptile jusqu’à ses années major, plus accessibles mais néanmoins singulières.

Porteur d’une marque de fabrique qui semble s’être imposée naturellement au fil du temps, Page Hamilton n’a jamais abandonné ce qui a toujours fait l’identité d’Helmet : un son, un souffle d’intensité et de puissance dégagé par des compositions cadrées. On la retrouve d’ailleurs dès ‘Life Or Death’, en ouverture comme en clôture (en version lente) de ce huitième album, parfaite pour faire office de pont entre une première ère sans concession et une seconde nettement plus ouverte à ces mélodies qui ne vont cesser de percer la carapace de ‘Dead To The World’.

Déjà perceptibles sur ‘Bad News’, premier single dévoilé, elles se confirment à plusieurs reprises au fil du disque, que ce soit au gré de compositions prévisibles (‘I Love My Guru’) comme d’autres étonnement posées (‘Expect The World’), presque mélancoliques (‘Look Alive’), mais toujours avec ce qu’il faut de profondeur, de riffs et d’opacité pour ne jamais trop dépayser. Sauf quand Hamilton va plus loin, risquant quasiment le naufrage en reprenant ‘Green Shirt’ d’Elvis Costello dans une version flirtant avec U2.

De quoi défriser quelques vieux fans qui, néanmoins, retrouveront le Helmet d’avant à l’écoute de ‘Red Scare’ ou ‘Die Alone’, deux titres qui – on le concède – pèseront trop peu dans la balance pour ne pas reléguer ce ‘Dead To The World’ parmi leurs déceptions. Car, le temps de ces onze titres, il apparait malheureusement comme une évidence que le paquebot s’est fait doubler par les navettes qui suivaient jusque-là son sillage, Deftones en tête. Si la jeune garde saura trouver ici des repères suffisants, que les vieux de la vieille s’arment eux d’assez de recul, de tolérance et de compréhension avant de s’en remettre aveuglément à leur Dieu Hamilton. Attention à la marche.

‘I Love My Guru’, ‘Bad News’, ‘Red Scare’, ‘Look Alive’


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