Heimat – ‘Heimat’

Album / Teenage Menopause / 19.02.2016
No New Wave

On ne sait pas exactement sur quels termes malades reposent le contrat qui unit Olivier Demeaux (Cheveu, Accident du Travail) et Armelle (Badaboum, The Dreams) au sein d’Heimat, mais il y a fort à parier qu’ils aient quelque chose à voir avec un certain amour des contraires et la meilleure manière de les rapprocher.

Le dispositif des morceaux du groupe se profile en effet comme une construction étrange, bâtie sur des procédés qui semblent d’abord se frotter sans se toucher, comme si leurs formes arc boutées interdisaient tout contact. On se repousse par le biais d’une boite à rythme, de boucles montées en épingle et d’un chant en allemand poussé très haut vers des sphères que côtoient main dans la main Nico (pour la théâtralité) et Karin Dreijer Andersson de The Knife (pour l’emphase).

Face à cette froideur, on finit alors par s’attirer grâce à d’autres ressorts sonores qui prennent le relais et achèvent de donner à l’ensemble toute sa captivante étrangeté : de doux sursauts de percussions, des sonorités orientales et une complainte au lyrisme italien (‘Pompei’) jaillissent, font fusionner les pôles et mettent à l’envers une musique qui boutonne toujours sciemment mardi avec mercredi.

Réjouissante, surprenante, impressionnante, la musique d’Heimat repose sur une identité définitivement trouble, un beau brouillard confectionné à quatre mains et dans lequel il est recommandé de se perdre, pour au moins quelques jours, avant d’en apprécier tous les volutes et les degrés de chaud et de froid que souffle ce captivant duo.

‘Wieder Ja!’, ‘Trocadero’, ‘Pompei’, ‘So Traurig’, ‘Wek’

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